EXPLORATION DES MERS POLAIRES AMÉRICAINES
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de 1920 mètres à l’entrée du détroit de Smitli. Dans ees mers, larges ettenues en mouvement par le va-et-vient de courants et de contre-courantsrapides, la navigation est libre en été autour des embâcles et des traînées,si ce n’est en certaines parties du littoral où les « battures », les banquisesde terre, les « bosculis », les convois de glaçons ne permettent pas auxnavires d’approeber. Mais plus au nord, dans les détroits, les glaces, 11 etrouvant pas d’issues assez larges vers les mers du sud, s’amassent d’ordi-naire en un chaos difficile à traverser. On sait au prix de quelles fatigueslvane et Hâves ont pu les franchir en traîneaux, servis pourtant par des ma-rins vigoureux et intelligents, et disposant d’attelages de choix. Blocs sedressaient à côté de blocs, dans toutes les positions, en aiguilles, en pyra-mides, en tables, en masses surplombantes : un des explorateurs qui ontparcouru cette surface inégale la compare aux toits de New-York , avec leurspignons, leurs cheminées et leurs belvédères. Il fallut à Ilayes trente et unjours d’un labeur surhumain pour faire un voyage évalué à 125 kilomè-tres en ligne droite, mais à 925 kilomètres avec tous les circuits et détoursCelte prodigieuse embâcle du détroit s’explique par les apports de glacesqui lui viennent de tous les côtés. A l’est, le glacier de Ilumboldt y déverseincessamment les fragments de sa paroi croulante; au nord, d’autres glaceslui sont poussées par les vents qui soufflent fréquemment du nord; àl’ouest, deux fjords amènent leurs convois de « mâchis », de « buttons » et« bourguignons »; enfin, au sud, le courant du littoral groenlandais ap-porte également son contingent de glaces à la grande barrière. Cependantil arrive parfois que des courants énergiques et les vents furieux du nordet du nord-est, qui soufflent surtout en hiver 1 2 , débarrassent partiellementles détroits et des navires d’exploration purent y pénétrer. Lorsque des buttesde glace, poussées par un fort courant, viennent se heurter contre un bancde sable ou la base d'un promontoire, elles se brisent avec un fracas d’ar-tillerie, et en quelques minutes on ne voit plus à la place des blocs énormesque les glaçons tournoyants.
Au nord des détroits et de l’archipel de Parry s’étend, on le sait, cettemer Polaire que les premiers explorateurs américains, lvane, Hall, Ilayes,croyaient mer « libre » et qui se trouvait au contraire, lors des voyagesde Nares et de Greely, remplie de « vieilles glaces », amas formés par desglaçons et des banquises d’époques différentes, (pic les étés ont fondus par-tiellement et qui se sont ressoudés par le gel pendant les longs hivers.
1 The open Polar Sea, A Voyage towarils tlie Pôle.
2 Tyson, Arclic Expériences.