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Livre XV. Amérique boréale.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

D’après Greely, l'épaisseur de la couche glacée recouvrant en dalles l’eau desIjords ou de la mer Polaire dépasserait rarement "2 mètres ou 2 mètres etdemi; cependant il en aurait trouvé une, dans un des Ijords de la terre deGrinnell, qui n’avait pas moins de 5 m ,05. l.a puissance do la masse cris-talline s’accroît pendant tout l’hiver et même au printemps, jusqu’au milieuou à la lin de mai, puis elle diminue en été. Les glaces plus épaisses, accu-mulées dans les détroits et dans la mer Paléocryslique, ne seraient doncpoint des glaces restées immobiles depuis leur formation, mais des amas deblocs pressés les uns contre les autres et graduellement accrus en hauteurpar l’addition d’autres fragments qui se sont glissés au-dessous de la masseou ipii l’ont recouverte. Aussi le couvercle continu de cristal présente-t-il unesurface rugueuse : ce sont des arêtes, des pointes, des dents de scie, au-dessus desquelles les marins, qui poussent ou tirent le traîneau, ne passentqu’au prix des plus dures fatigues; le voyage consiste en une successiond’escalades et de chutes. Les endroits les plus unis sont parfois les pluspénibles à traverser pendant le long jour estival : la neige qui recouvre cesglaces est « chambrée », à demi fondue, et cède sous les pas; parfois desmares s’étendent au loin et l’eau saline y monte par capillarité à traversla glace pourrie. Au milieu de l’immense chaos où les masses congelées sesuccèdent en désordre, on s’étonne de trouver des coins où la glace se pré-sente en formes d’une régularité parfaite, pavés cubiques, cabochons àfacettes, longues aiguilles pressées comme les joncs d’un marais. Nombred’amas offrent aussi l’aspect de roches dont les cristaux, inégaux de gran-deur et d’éclat, se juxtaposent comme dans le granit ou le porphyre : c’estle genre de glaces que Parry qualifiait de « porphyritiques'. » D’autresencore présentent l’apparence de champignons, de fleurs épanouies queportent de minces pédoncules.

Au-dessus des blocs hauts de quelques mètres flottent dans la merpolaire des monts de glace qui diffèrent par la forme de ceux qui se sontécroulés des glaciers du Groenland et qu'entraîne vers le sud le cou-rant. de Baffin. Au lieu de se dresser en aiguilles, en brusques saillies, endômes inégaux, ils ont en général des parois perpendiculaires et des toitsplats : ils ressemblent aux masses énormes, aux cultes prodigieux de glace(pie l’on voit flotter dans les mers antarctiques. Greely et ses compagnonsen virent près d’une centaine ayant de 50 à 500 mètres en épaisseur.L’analogie de formes doit s’expliquer probablement par une provenanceanalogue. Ces glaces au profil régulier ne sont pas, comme celles’ de

1 Xarralive of an AUempl lo reacli the Norlli Pôle.