tio
buttes. Froebel vit une source descendant d'un monticule de près de10 mètres en hauteur qu’elle avait elle-même construit ; d’autres, d’unetempérature égale, entretiennent en toute saison les pâturages environnantsdans un état de verdure éclatante. Dans l'Etat de San-Luis, où le plateauest déjà découpé par les montagnes en de nombreux petits bassins, il n’ya point de vastes lagunes comme dans les Etats du nord, mais on ycompte plus d’une centaine de petits lacs ou plutôt d’étangs, presquetous devenus salins. Des efflorescences de diverse composition, les unescomposées de salpêtre, les autres contenant pour la plupart du carbonatede soude, recouvrent les plaines sur de vastes étendues : on leur dormeau Mexique le nom général de tequesquite, transmis par les Aztèques. Desfondeurs les emploient pour traiter le minerai d’argent et de plomb argen-tifère.
Les vallées de la chaîne bordière au sud du plateau enferment aussi deslacs sans issue : tel le Patzcuaro, le « lac Majeur « du Mexique , vasquesemée d’iles, dominée de tous les côtés par des montagnes et renfermantune eau légèrement saline, mais encore potable; tel aussi le Cuitzeo,réservoir profond qu’emplit la rivière de Morelia et dont les eaux, trèssalées, même en temps de crue, stérilisent, lors des inondations, toutesles campagnes riveraines. Dans l’État de Hidalgo,un autre lac, près d’Apam,reçoit les ruisselets d’une plaine unie, et une rivière, coulant à l’est dumassif de Minerai del Monte, va se perdre dans un lac de cluse sans issue,le Mextitlan, (pie déchargeait jadis dans le bassin de Pânuco une galeriesouterraine creusée par les Indiens' et que l’on dit s’être engouffré de nou-veau en 1885 dans une tissure du sol*. Mais de tous les lacs fermés de lacontrée les plus remarquables sont ceux qui ont valu au plateau de México son nom d’Anahuac (Anal-huatl) ou « Entre les Eaux », étendu depuis àl'ensemble des hautes terres. Ces lacs, ou plutôt étangs sans profondeur,sont disposés du sud au nord sur un espace d’environ 75 kilomètres; maison ne saurait en indiquer la superficie, car elle varie suivant les années etles saisons; les cartes construites à différentes époques ne leur donnentpoint les mêmes contours. Les lacs du sud, le Xocbimilco et le Chalco,n’en forment en réalité qu’un seul, divisé en deux bassins par unedigue étroite. Grâce à l’abondance de l’eau qu’ils reçoivent des montagnesvoisines, ils ont maintenu à peu près leurs anciens contours : un canalqui épanche l’excédent de la masse liquide descend au nord vers la ville de
1 II. de Saussure, Coup d'œil sur lHydrologie du Mexique .- Deutsche Rundschau fur Géographie, 1886.
XVII.
0