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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOTYELLE GÉOGRAPHIE INIVERSELLE.

de Darien, ouvertes au commerce de l’Espagne , et ce privilège lui assuraitdes relations considérables dans l’intérieur. Alors Campeche n’était passeulement l’entrepôt de tout le Yucatan , elle servait aussi de porte aucommerce de Tabasco, du Chiapas et même du Guatemala ; les barquesallaient et venaient sur l’Usumacinla au prolit de ses négociants. Mainte-nant ces diverses contrées ont leurs voies directes de commerce, et, dans leYucatan même, Mérida expédie ses denrées par les points les plus rappro-chés du littoral, jusqu’au « bois de eampêche » apporté par la voie desfleuves et des lagunes qui trouve une voie plus facile par le port de Car-men. Si Campeche possédait un véritable port, elle eût du moins attiré unegrande partie des échanges de la péninsule, mais sa rade, dont le fond esttirs doucement incliné, est ouverte en plein au souffle de redoutablesn-ortes ; la jetée qui s’avance au large n’atteint pas des fonds suffisantspour que les barques chargées puissent y accoster en tout temps, et c’està la distance de 8 kilomètres en mer que doivent mouiller les naviresayant 4 mètres de calaison. Des noix de coco, un peu de bois, du sucre,des cuirs, du sel, tels sont les articles du faible commerce de Campeche 1 * ;en 1684, le flibustier Grandmont, ayant surpris la place, y fit par ostenta-tion un feu de joie où il brûla pour plus d’un million de bois de teinture’.Un labyrinthe de galeries s’étend au-dessous des maisons dans le sol cal-caire : on n’y voit aucune trace du séjour de l’homme, et l’on croit que celurent des nécropoles 3 * 5 . Des maisons de campagne sont éparses sous lesombrages aux alentours de la ville. Un chemin de fer la réunit à Lerma ,petite bourgade de pêcheurs et station de bains située à 6 kilomètres ausud; une ligne plus importante, non encore terminée (1890), se dirigeau nord-est à travers la brousse vers Mérida .

A la vue d’une grande carte du Yucatan on est frappé de la rareté deslieux habités, villes, villages, ou même hameaux, dans le voisinage de lamer. La faible densité de la population dans la zone du littoral s’expliqueen partie par le manque d’abri sur les rives et par l’existence de maré-cages riverains, mais elle est aussi due aux invasions des flibustiers aux-quelles les gens de la côte furent exposés pendant les deux derniers siècles*.Les pirates anglais , débarquant à l’improviste dans quelque crique de la

1 Mouvement du port de Campeche en 1880 :

7!) navires, jaugeant GG 669 tonnes, dont 58 bateaux à vapeur, jaugeant 5ü 151 tonnes.

Mouvement des échanges en 188G : 680000 francs.

- A. Morelet, ouvrage cité.

5 Norman, Rambles in Yucatan .

t C. Carillo y Ancora, Bolelin de la Sociedad de Geografia de la Republica Me.ricana, 1878.