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Livre XVII. Indes occidentales.
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CAMPEC11E, MÉR1DA.

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côte, pénétraient au loin dans l’intérieur, tuant les hommes, enlevant lesfemmes, mettant villes et villages au pillage et à l’incendie. Maintenant cesincursions ne sont plus à craindre, mais aucune industrie spéciale, aucunerichesse naturelle n’ont encore pu attirer les émigrants de l’intérieur verscette zone relativement déserte, et c’est toujours autour de Mérida , c’est-à-dire dans la région qui était déjà la plus populeuse aux temps de la con-quête, que les habitants se pressent en plus grand nombre.

Mérida, la capitale de l’État de Yucatan , et l’ancien chef-lieu de toute lapéninsule, est bâtie sur l’emplacement de l’antique lié ou Ti-hoô ou« Cité » par excellence : le nom de Mérida que lui donnèrent les conqué-rants, est dû, dit Bienveneda, aux monuments nombreux qui s’élevaientdans la ville indienne comme dans la capitale de l’Estremadure ibérique,ha plupart de ces édifices étaient des constructions pyramidales, portantsur leur terrasse supérieure des temples ou des palais : tous ont été détruitset les pierres en ont été employées dans les maisons actuelles, décorées çàet là d’antiques sculptures enchâssées dans les murailles. On ne voit derestes des pyramides qu’en dehors de la cité : l’une d’elles, qui portail na-guère un couvent de franciscains, avec ses cloîtres et ses vergers, présenteune surface d’environ deux hectares : ses pittoresques ruines forment unesorte de citadelle. Suivant l’ancien usage maya, quelques-unes des ruesqui partagent la ville sont encore indiquées à l’extrémité par l’image sculp-tée de l’animal symbolique auquel la rue est consacrée, tels que le flamantet l’épervier*. Les maisons blanches à terrasses et à cours moresques res-semblent à celles de l’Andalousie ; mais les demeures des faubourgs, envi-ronnées de bois et de jardins, sont encore construites dans le style maya :ce sont des maisonnettes en pierre ou bien en bambous tressés, élevées surun socle d’un demi-mètre au-dessus du palier de la rue et précédées d’unparvis, que des murs limitent des deux côtés et qu’entoure un banc con-tinu; une seule ouverture donne accès dans la maison’. Dans la partiecentrale de la ville on voit encore le « palais » blasonné que se fit con-struire Montejo, le fondateur de la ville espagnole en lo4'2. Un petit muséerenferme quelques curiosités archéologiques. Mérida est un des centres lil-téraires de la République Mexicaine .

Mérida , enrichie surtout par la vente du henequen ou fibre d’agavé, dontelle exporte de quarante à soixante mille tonnes par an, est devenue centrede convergence pour plusieurs lignes de voies ferrées qui couvriront peu

1 Frederick Ober, Travels in Mexico .

- Brasseur de Bourbourpr, Archives de la Commission scientifique du Mexique, vol. I.