275
proximité relative ; elle ne vaut pas mieux comme lieu d’accès pour lesnavires. Les plus forts bâtiments doivent mouiller au large, de 5 à 9 kilo-mètres de la rive; seules les embarcations d’un faible tirant d’eau peuvents’approcher de la plage. La rade est si mauvaise, tellement exposée auxgrains, que les bâtiments sont toujours prêts à fuir vers la haute mer :chaque jour, après onze heures, les communications des navires avec lebord deviennent presque impossibles, à cause de la violence des lamespoussées par la brise du Golfe. Cependant le trafic de Progreso est trèsconsidérable et plusieurs lignes de bateaux à vapeur y font escale 1 . L’im-portance croissante de Mérida réagit sur son port, et ce ne sont plus exclu-sivement la fibre d’agavé, le sel, les bois de teinture qui en alimententl’exportation. Autour de Mérida la plaine est nue, mais chaque village s’estentouré d’une oasis de grands arbres; peu de groupes d’habitations enFrance peuvent leur être comparés pour le bon entretien et l’exquise pro-preté. Les principales maisons de plaisance de négociants meridenos sontparsemées, à l’est de la ville, près du village de Tixkotob, fameux par labataille décisive que les Espagnols y livrèrent en 1541 contre les forcesunies des Maya. L’industrie des villageois est le tissage des hamacs, quel’on expédie surtout aux États-Unis .
A plus de 80 kilomètres à l’est de Mérida par les détours de la route, prèsde la limite des régions populeuses, s’élève la ville d’Izamal , ainsi nomméed’Ilzmatul ou Itzenmatul, le « Dieu qui donne la Rosée ». C’est une anciennecapitale, mais elle était déjà ruinée aux temps de la conquête espagnole etl’on ne voyait plus en elle qu’une métropole religieuse : les pèlerins yaccouraient de tous côtés par les quatre chaussées orientées suivant lespoints cardinaux. Douze monuments pyramidaux ou coniques, portant cha-cun son temple ou son palais, se dressaient au-dessus de la ville; ce ne sontplus que des buttes informes émergeant du feuillage touffu des jardins 2 ;M. Charnay y a découvert des peintures murales qui expliquent le systèmedécoratif des Maya. Ainsi qu’il arrive d’ordinaire pour toutes les villessaintes, Izamal est devenue ville de foires, grâce à l’afflux des pèlerins; auxprêtres ont succédé les marchands. C’est entre Izamal et Mérida que l’onvoit les plus beaux restes des anciennes chaussées, comparées à la voie
• Mouvement de la navigation de Progreso avec l'étranger en 1886 :
Bateaux à vapeur. 592 jaugeant 552 450 tonnes.
Voiliers. 243 » 30 970 »
Ensemble des navires. . . 655 jaugeant 583 420 tonnes.
Valeur des échanges à Progreso en 1886 : 14 725 000 francs.
XVII.
35