CIIICIIEN-1TZA, Tl'Ll'M, COZUMEL.
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une « croix sacrée » devant laquelle ils se réunissent dans les grandes solen-nités pour entendre la « voix de Dieu » sortant de la pierre : c’est elle quidésigne les chefs, prononce sur la paix et la guerre, condamne ou pardonneles coupables. Un prêtre catholique ayant osé pénétrer dans le pays, onl’amena devant la croix, qui ordonna de le mettre à mort 1 .
Quant à File de Mujcres, l’une des terres qui se succèdent en cordon lit-toral autour de l’angle nord-oriental de la péninsule yucatèque, elle estrestée, comme les autres îles, au pouvoir des Yucalèques mexicains. Sonnom même, « île des Femmes ». rappelle le rôle spécial qu’elle eut dansla religion des Maya : on se rendait en lôule à son temple pour y adorerles divinités femelles du Yucatan . Elle est habitée aujourd’hui par quelquescentaines de pêcheurs nègres et métis qui commercent directement avecla Havane. La grande île de Cozumel, que l’on aperçoit plus au sud, à unevingtaine de kilomètres du littoral, était aussi un lieu de pèlerinage trèsfréquenté : c’est l’ancienne Ahcuzamil ou « des Hirondelles », dont untemple contenait en effet l’image d’un dieu aux pieds d’hirondelle 5 . L’ile,couverte de végétation, n’a point été explorée; cependant les Espagnolss’y étaient établis, même avant la conquête du Yucatan , et y avaient bâtiune église, dont on voit encore les ruines : ceux qui la retrouvèrent dansla brousse et qui y découvrirent l’autel et la croix s’imaginèrent avoir sousles yeux les restes d’une civilisation chrétienne , antérieure à la conquête.Il reste encore quelques vestiges de la route pavée, croisée par d’autresroules, qui traversait l’ile du nord au sud. Lors du sac de Yalladolid parles Indiens de Santa-Cruz, cette île fut de nouveau colonisée par des fugi-tifs, qui fondèrent deux villages et défrichèrent le sol pour la culture dumaïs et du cotonnier.
La partie méridionale de la côte, de Tulum à la baie de Chetumal , estfaiblement peuplée et ses rares habitants sont tous des Indiens non encoremélangés aux Espagnols et conservant à la fois leur langue, leurs mœurs,leur indépendance effective : la « ligne du Sud », c’est-à-dire la chaînede postes fortifiés, qui suit à peu près le 20 e degré de latitude, par Pelo,Ixmul et Tihosuco, borne au nord le territoire de course des Maya libres.Jadis ils dépassèrent fréquemment cette ligne et dévastèrent la contrée jus-qu’à Yalladolid et Tekax : on dit même que dans celte ville ils tuèrent à