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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

rôdeurs indiens et les animaux de proie. Mais, en faisant le vide autourd’eux, les riches hacendados facilitèrent le passage aux incursions, et c’estpar l’effet de ce régime funeste que naguère les Apaches et les Comanchespouvaient faire des expéditions de pillage si hardies dans l’intérieur de laRépublique . Ainsi que le disait llumboldt il y a près d’un siècle, « leMexique est le pays de l’inégalité; nulle part il n’en existe de pluseffrayante dans la distribution des fortunes 1 * 3 * . »

Au milieu du siècle, les recensements indiquaient plus de treize milleranchos ou petites propriétés ayant une « cabane » pour centre d’habitation ;mais tous ces ranchos, eussent-ils été le domaine incontesté de paysanslibres, ne constituaient qu’une part presque imperceptible de la richessenationale. Depuis cette époque, de vastes étendues de terres nationales ontété cadastrées et concédées ou vendues; mais un tiers de ces terres a étédonné gratuitement aux compagnies d’arpentage, une forte partie dureste a été attribuée à d’autres sociétés financières ou à des particuliers parlots de 2500 hectares : une seule compagnie possède ainsi plus de six mil-lions d’hectares*. Les paysans n’ont reçu qu’un faible lot en partage 5 . Lamasse de la population mexicaine se compose de gens qui vivent auxgages des concessionnaires de mines ou des propriétaires fonciers. Lesouvriers mineurs sont de beaucoup les plus indépendants, grâce à la proxi-mité des villes qui se sont élevées à côté des grandes exploitations ; mais lestravailleurs des campagnes, très faiblement rétribués et retenus par laforce des choses dans la dépendance des seigneurs terriens, ne diffèrent quepar le nom de véritables serfs : privés des ressources nécessaires, ils nepeuvent emprunter qu’au maître ou à son majordome, et ces emprunts,consistant en denrées et en marchandises qu’on leur compte à des tauxusuraires, ne sauraient être payés que par le travail futur, engagé desannées à l'avance. D’année en année, ils voient fuir devant eux la perspec-tive de la libération, et la dette écrasante se transmet de père en fils. Sansdoute, d’après les actes du Congrès, tout Mexicain est libre : nul proprié-taire n’a plus le droit d’assujettir un peon endetté, ni de le vendreà un autre propriétaire, moyennant payement de tout ou partie de sa

1 Valeur probable des propriétés rurales et urbaines du Mexique en i890 : 16 000 000 000 francs.

- Francis Denys, Mexico , Report on the Finances and System of Land-tenure, Foreign Office,Animal sériés, 1890, n" 657.

3 Terres cadastrées par les compagnies d'arpentage au 1" avril 1889 : 55 811524 hectares.

11 056 407 hectares ont été cédés à ces compagnies;

10 152 671 n restent à l'État;

12 642 446 » ont été aliénés ou vendus : 64 468 hectares aux paysans.