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créance réelle ou fictive; le (ils n’est plus légalement héritier des dettes deson père, et la loi défend d'engager par des avances l’avenir de l’enfantmineur. Mais en maint district éloigné des capitales, et notamment dansles provinces du sud-est, la loi est lettre morte; même des indigènes au-raient été vendus en cachette à des planteurs de la Havane 1 . I)e fait l’escla-vage existe encore comme aux premiers temps de la conquête : il est laconséquence naturelle du régime de la propriété. Etre asservi, mouriresclave en un pays si beau !
Ah! que el mundo es bonito! Laslima es que yo nie muera!
(Ali! que le monde est beau ! Faut-il donc que je meure!)
Tel est le chant que l’on entend résonner près des villages de Tabasco. « Levoyageur qui traverse la contrée ne saurait oublier, dit Morelet, la poésieplaintive de ces accents, qui flottent continuellement dans l’air autour deslieux habités. »
Au commencement du siècle, la principale richesse du Mexique , après lemaïs, le maguey et les autres denrées alimentaires de première nécessité,consistait en métaux précieux, et l’exportation était alimentée presqueexclusivement par le produit des mines. 11 est vrai que ce produit, mêmesans tenir compte des sommes énormes qui étaient expédiées en Europe par contrebande et dont le fisc n’avait point sa part, représentait unprodigieux total. Le Mexique a de nombreuses veines aurifères; cependantses grands trésors sont les mines d’argent, et c’est par milliards que s’enévalue la production depuis la découverte de l’Amérique : la proportionde l’or recueilli au Mexique représente seulement les trois centièmes del’argent*. D’après les recherches de Humholdt, la valeur totale de l’or etde l’argent fournis par les gisements métallifères de la Nouvelle Espagnese serait élevée à 10 milliards 647 millions de francs depuis les tempsde la conquête jusqu’à l’année 1805. Ces chiffres ont été considéréscomme un peu trop forts pour Soctbeer, Del Mar, Neumann et d’autreséconomistes ; mais, d’après leurs évaluations, la somme totale desmétaux précieux livrés par le Mexique jusqu’en 1890 n’en atteint pasmoins un formidable total, soit plus de vingt milliards de francs 7 ' : c’est
1 Désiré Charnav. Cités et Ruines américaines.
2 Santiago Ramirez, Riqueza minerai de Méiico.
3 Production do l'or et de l'argent de 1492 à 1885, d’après Neumann-Spallart :
Or. 58 855 000 000 francs.
Argent. 48 790 000 000 «
Ensemble. . . 87 025 000 000 francs (91 000 000 000 en 1890).