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Livre XVII. Indes occidentales.
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ISTHMES DE L’AMÉRIQUE CENTRALE .

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proposition récemment soumise par le président au Congrès des Étals-Unisnord-américains se rapporte à l’exploration prochaine des États isth-miques : il s’agit de construire un chemin de 1er longitudinal de l’Amé-rique Centrale, entre México et Panama par Oaxaca, Guatemala, San-Salvador et Granada.

L’aménagement de la contrée est encore loin de pouvoir se comparerà celui des États-Unis ou de l’Europe . Même le travail préliminaire de ladécouverte géographique n’est pas encore terminé, et certaines régions,jadis bien connues, notamment les contrées minières du Darien, sont re-tombées dans l’oubli. Dans les espaces inhabités, les diflicultés de la routeà travers les marécages et les montagnes couvertes de forêts sont telles,que toute expédition entreprise par des voyageurs en nombre insuffisanty est accompagnée de graves dangers, sans compter ceux du climat humideet chaud : il faut que les guides ouvrent le chemin à coups de manchetteà travers les arbres et les lianes, qu’ils sachent éviter les fourrés impé-nétrables, les escarpements trop raides, les berges qui s’éboulent, lesravines où se précipitent les eaux, les fondrières de houe d’où l’on ne peutplus se dégager. Fréquemment les explorateurs qui disposaient du meilleurpersonnel de guides et de travailleurs n’ont pu, malgré tous leurs efforts,franchir un espace de plus d’un ou deux kilomètres par jour; parfoismême ils ont dû renoncer à la lutte et revenir sur leurs pas pour essayerun autre itinéraire. Enfin, dans l’histoire des voyages entrepris pour letracé des canaux et des routes isthmiques, il est des exemples de voya-geurs qui sont morts de faim, en vue de l’une ou de l’autre mer où sta-tionnaient les navires d’approvisionnement.

ha quantité de travail déjà dépensée depuis quatre siècles dans la régiondes isthmes pour la découverte ou la création de voies interocéaniquesreprésente une somme prodigieuse d’elforts qui aurait certainement suffipour accomplir une œuvre capitale dans l’économie du globe si elle n’a-vait pas été fragmentée en mille tentatives différentes, ha première futcelle de Colomb, qui, en 1502 et 1505, longea les côtes de l’AmériqueCentrale, du Honduras au Yeragua, cherchant partout le passage quidevait le mener aux « bouches du Gange » : du moins apprit-il dansce voyage qu’une autre mer roulait ses eaux à une petite distance à l’oc-cident. Dix années après, Nunez de Balhoa, accompagné de près de huitcents hommes, guerriers espagnols et porteurs indiens, s’ouvrait une routeà travers les marécages, les fleuves, les forêts et les populations ennemies.En vingt-trois jours de fatigues et de luttes, il réussissait à traverserl’isthme, dont la largeur est en cet endroit de 60 kilomètres, et voyait s’é-

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