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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

tendre devant lui le golfe auquel il donna le nom de San-Miguel. S’avan-çant tout anné dans le flot montant, il prit possession de l’Océan nouveau,« avec ses contrées, ses rivages, ses ports et ses îles, du pôle nord jusqu’aupôle sud, en dedans et en dehors des deux ' ^ es, maintenant et pourtoujours, aussi longtemps que le monde durera et jusqu’au jugementdernier de toutes les races mortelles* ». Mais le détroit restait à découvrir :en 1525, Gharles-Qtiint le faisait encore chercher à l’ouest de la mer desAntilles , alors que Magalhâes l’avait déjà trouvé, mais au sud du continentaméricain .

Des qu’on eut bien constaté qu’il n’existe pas de voie navigable entre lamer des Caraïbes et la mer du Sud, l’idée devait naître d’ouvrir de forcecette voie à travers l’un ou l’autre des isthmes étroits qui séparent les deuxOcéans. Pareille entreprise était au-dessus des forces de l’Espagne appau-vrie; cependant des expéditions se firent en vue du percement dans l’isthmede Tehuantepec, sur les rives du San-Juan et du lac de Nicaragua, à Pa-nama, dans l’isthme de Darien. Mais c’est depuis que les colonies de l’Amé-rique Centrale ont conquis leur indépendance que les projets de canalinterocéanique se sont rapidement succédé, tous appuyés par des recher-ches personnelles ou collectives, par des voyages ou des expéditions consi-dérables, des invitations ou des concessions gouvernementales, même pardes commencements de travaux ou des œuvres colossales! Les annales del’Amérique du Milieu n’énumèrent pas moins d’une centaine de planset devis pour la coupure des isthmes depuis que, en 1825, le Congrèsmexicain lit de nouveau mesurer le seuil de Tehuantepec et reprendre,avec de meilleures données, le projet présenté par Orbegozo en 1771. Ilfaut aussi compter comme ayant été dépensés en prévision du percementde l’isthme les frais d’expéditions armées, de croisières, de blocus et debombardement, que les gouvernements anglais et américain ont faits àdiverses reprises sur les côtes de l’Amérique Centrale . De même queConstantinople et Alexandrie, Panama est un lieu de passage obligé pourle commerce grandissant du monde, et si jamais, avant l’ère de paix dé-linitive, les nations s’accordent à proclamer la neutralisation des centresvitaux nécessaires à la prospérité du genre humain, les isthmes améri-cains seront certainement au nombre de ces endroits sacrés.

1 Oviedo y Yaldez, Histuria général y nalural de las Indias; — Oscar Peschel, Geschichte desZeitalters der Enldeckungen ; — Paul Gaflarcl. N une: de Balbon.