Band 
Livre XVII. Indes occidentales.
Seite
339
JPEG-Download
 

ISTHMES DE L’A.MÉHIQl'E CENTRALE Cl ATEMALA.

sr.it

i

l.l'ATEMALA

Cette république, de beaucoup la plus importante de la région desisthmes, puisqu’elle contient près de la moitié de ses habitants, est tou joursdésignée, comme México , sa voisine du nord, par une appellation d’originenahuatl : ce nom de Guatemala — Quauhtemallan, —aurait, d’aprèsquelques traducteurs, le sens de « Pays des Aigles ». Une dérivation moinspoétique lui donne la signification de « Terre des Piles de Bois » '. D’autresétymologisles écrivent U-ha-tez-ma-la, groupe de syllabes qui signifie« Montagne vomissant de l’eau ».Ua contrée tout entière serait ainsi dési-gnée d’après l’une de ses plus hautes montagnes, le volcan de Agua.

Le (’iiiatemala correspond à peu près aux deux anciennes provinces espa-gnoles de Quezaltenango et de Guatemala , mais les frontières se sont dé-placées en maints endroits, et même en diverses régions elles n’avaientjamais été lixées. Celles que l’on a fini par adopter officiellement ne coïn-cident d’ailleurs ni avec les divisions géographiques naturelles, ni avec lesdélimitations de peuple à peuple. C’est ainsi que tout le Soeonusco et unepartie du Chiapas semblaient devoir appartenir au Guatemala , dont ils sontle pi ' gemcnt orographique; d’autre part le Petén , habité par des Mayacomme le Yucatan et ressemblant à cette contrée par la nature du sol et lesproductions, paraîtrait devoir en être une dépendance politique et non serattacher au Guatemala , dont le sépare une cordillère abrupte 5 : il estvrai que les premiers fonds nécessaires au gouvernement de Petén prove-naient de la chancellerie guatémalienne : pour la répartition des domainesconquis l’argent prévalut sur le droit de premier occupant, qui appartenaitaux Yucatèques . Du côté du Honduras Britannique, on le sait, la frontièreest constituée par une ligne droite se dirigeant à travers montagnes etvallées d’une cascade à une autre cascade; la limite n’est indiquée par untrait naturel qu’à l’endroit où l’on a fait choix de la rivière Sarstun jusqu’àson embouchure dans le golfe d’Amatique. A l’orient, le territoire de larépublique est limité par une ligne sinueuse qui se dirige du nord-est ausud-ouest, de la bouche du rio Tinto dans l’Atlantique à celle du rio Pazadans le Pacifique. Cette ligne suit les crêtes des montagnes dans une grande

1 Ollo Stoll, Guatemala . 1878-1885.

4 Arthur Mcuvlrt. Voyage dans l'Amérique Centrale