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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
lèles rayant en sillons les pentes des montagnes ; presque sans eau dansla saison des sécheresses, très abondants durant l’hivernage, ils vont seperdre dans les lagunes du littoral. La plupart de ces gaves n’ouvrentpas directement leurs embouchures à la vague; mais, arrivés dans le voisi-nage de la côte, ils en restent séparés par un long cordon littoral, qu’ilslongent sur plusieurs kilomètres de distance, avant de trouver une brèchede sortie, qui change souvent avec les marées et les tempêtes. A en jugerpar la direction de ces flèches sablonneuses que les Ilots ont formées audevant des bouches fluviales, poussés par les courants et contre-courantscôtiers, la marche des eaux le long de la côte du Guatemala se fait princi-palement dans le sens du sud-est au nord-ouest. On a constaté que lesplages se sont exhaussées dans la période contemporaine : à Champerieonotamment, des bancs d’huîtres, en tout semblables à ceux qui se formentde nos jours, bordent la côte bien au-dessus des marées '.
Le Suchiate, frontière commune au Guatemala et au Mexique , estun des torrents qui ont le plus vaste bassin. Encore plus considérableest celui de Samala, qui vient des « Hauts » de Quezaltenango et de Toto-nicapam. L’Iztacapa est moins abondant, bien qu’il reçoive le trop-pleindu lac d’Atitlan, qui s’écoule, non par un émissaire visible, mais par desfiltrations souterraines à travers les scories de la plaine de San-Lucas,sur sa rive méridionale. Le vaste lac, d’une superficie d’environ 1 (30 kilo-mètres carrés, se développe, à 1558 mètres d’altitude, en un croissant irré-gulier autour des contreforts du grand volcan d’Atitlan ou « Près de l’Eau »,qui se dresse au sud et a certainement formé le lac en obstruant les val-lées. Les eaux, retenues par les talus grandissants de cendres et de laves, sesont graduellement exhaussées et ont fini par remplir cet énorme bassind’Atitlan, qui, d’après Juarros, aurait plus de 500 mètres en profondeur :il est plus exact de dire que l’épaisseur liquide, très considérable, n’a pasencore été mesurée. L’eau du lac, sans cesse renouvelée, grâce à l'écoule-ment caché, est parfaitement douce et limpide.
Un autre réservoir, situé plus à l’est, s’est formé dans des conditions ana-logues : c’est le lac plus petit d’Amatitlan, situé à 1189 mètres d’altitude,au sud de la capitale; le volcan de Paeaya l’a graduellement exhaussé enélevant au sud un barrage de laves et de scories; jadis même il fut beau-coup plus étendu et l’on voit encore distinctement les traces de son ancienniveau jusqu’à plusieurs kilomètres du rivage actuel ’. L’eau de l'Amalitlan,