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Livre XVII. Indes occidentales.
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FLEUVES, LACS DU GUATEMALA .

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dont la profondeur dépasse « deux cents brassos », est douce comme cellede l’Atitlan, mais elle est un peu moins pure, et sur les bords présenteen maints endroits une température élevée, provenant du jaillissement dessources thermales; il y a près de deux siècles, le moine dominicain ThomasGage disait de l’eau du lac qu’elle était « un peu salée », et que les rive-rains recueillaient du sel sur ses bords. De nos jours il n’en est plusainsi : les sels de soude et de magnésie, légèrement purgatifs, que l’eaucontient n’altèrent pas son goût, mais imprègnent les rives d’une odeurtrès sensible à l’époque de l’éliagc; les bestiaux broutent avec avidité lesherbes du bord. Depuis l’arrivée des Espagnols dans le pays, le lac s’esttrouvé deux fois sans poissons et l’on a dû le repeupler de nouveau'.Il est probable que l’Amatillan est alimenté par des affluents souterrains,car les faibles ruisseaux qui s’v jettent ne suffiraient pas à former larivière de sortie. L’excédent des eaux s’écoule au sud-est dans la rivièreMichatoya, le « Fleuve des Poissons », qui s’échappe du plateau par uncourant visible, passant au fond d’une gorge creusée à 200 mètres au-dessous d’une falaise du Pacaya, puis s’abat, près de San-Pedro Martir, duhaut d’un rocher de 60 mètres, et va se déverser dans les lagunes côtières,à une petite distance à l’est de l’escale de San-José. Cet effluent a valu aulac le nom cakchiquel de « Mère de l’Océan ».

Un troisième lac, l’Ayarza ou Ayarees, occupe plus à l’est une dépressiondu plateau, à la base méridionale des montagnes de Mataquezcuintla (2500mètres), mais ce lac guatémaltèque appartient déjà, par son effluent l’Ostua,au bassin fluvial du rio Lempa, la grande rivière salvadoriennc. De même,sur le versant atlantique, toute la partie occidentale et septentrionale duterritoire, au moins la moitié du Guatemala en superficie, fait partie dubassin de l’Usumacinta, qui par son cours inférieur et son embouchure estun fleuve mexicain. Le cours d’eau le plus considérable dont le bassin estentièrement compris dans les limites du Guatemala est le Motagua, ditaussi « rio Grande » comme tant d’autres fleuves de l’Amérique espa-gnole. 11 naît dans le massif central des Altos de Totonieapam, entremê-lant ses hauts affluents avec ceux de l’Usumacinta, et, plus à l’est, reçoittous les ruisseaux descendus de la grande ligne de faîte du Guatemala ,réduite en maints endroits à une arête étroite, entamée de part et d’autrepar des ravines profondes ; mais la vallée n’est point une simple fossed’érosion, elle est un sillon d’origine ancienne appartenant à l’architectureprimitive de la contrée.

1 Arthur Morelet. ouvrage cité.

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