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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSEL!,E.
En s’unissant à la forte rivière qui lui vient des montagnes d'Esqui-pulas et de Chiquimula, le Motagua devient assez abondant pour rece-voir des barques et serpente vers le nord-est, dans la belle avenue desmonts boisés qui l’accompagnent jusqu’à la mer : à l'époque des crues,c’est un lleuve large et profond, que les voyageurs ne traversent pastoujours sans danger. La longueur navigable de son cours est évaluée àplus de 160 kilomètres, sur 500 kilomètres de développement total ; mais àla barre de la bouche principale du delta il n’y a d’ordinaire pas mêmeun mètre d’eau. Les autres bouches sont également inaccessibles auxnavires d’un fort tirant; toute cette contrée basse, déposée par les braserrants du fleuve, est d’ailleurs presque aussi dangereuse à visiter parterre que par mer : c’est une région de marais et de fausses rivières bor-dées de palétuviers. La baie qui s’ouvre sur le revers de la longue péninsulede Tres-Puntas, projetée au nord-ouest vers le golfe d’Amatique, est appe-lée baie de l’Hôpital, tant les marins qui s’exposent aux émanations de sesrivages boueux ont à en craindre le séjour; cependant un canal, en partieartificiel, unit cette baie au courant du fleuve. Le vrai port de la valléedu Motagua n’est pas dans le delta de ce cours d’eau, mais immédiate-ment en dehors, à la base des derniers contreforts de la sierra del Mico :c’est la baie de Santo-Tomas, le meilleur havre de toute la côte atlantiquedans l’Amérique Centrale . Après avoir contourné un dangereux banc desable, les navires pénètrent par un chenal étroit dans un bassin circulaireentouré par un amphithéâtre de collines boisées : la surface d’ancrage,par des fonds de 4 mètres et demi à 9 mètres, comprend un espace deplus de 15 kilomètres carrés; des centaines de vaisseaux y seraient par-faitement à l’abri; aucun vent n’en trouble les eaux. Aussi peut-on s’éton-ner qu’un port d’une telle valeur soit resté jusqu’à nos jours presque inu-tile au commerce. Le chemin de fer central du Guatemala doit y aboutir, àl’endroit désigné par le nom de Puerto-Barrios.
La rivière Polochic, dont le bassin, comme celui du fleuve Motagua,est en entier compris dans les limites du Guatemala , roule un moindreIlot; elle est cependant navigable pour les bateaux à fond plat surune longueur de cours à peu près égale. Aée dans les montagnes de Coban,que limite à l’ouest la vallée de l’Usumacinta, elle coule à peu près direc-tement vers l’est et s’unit à la rivière de Cahabon, qui descend des mon-tagnes de Chamâ. Gomme le Motagua, elle sc ramifie en plusieurs bras àson embouchure, et des seuils recouverts par une très faible épaisseurd’eau en ferment l’entrée à toutes autres embarcations que des esquifs àfond plat. Elle se déverse non dans l’Océan, mais dans une mer intérieure,