NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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trouvent-ils à une si grande distance du gros de leur race? Les conqué-rants espagnols furent très étonnés de cette coïncidence, et Juarros endonne une explication enfantine, qui ne repose probablement sur aucunelégende. D’après lui, Ahuitzotl, roi de Tenochtitlan , aurait envoyé dansces contrées du sud, bien au delà des limites de son empire, des colo-nies de marchands qui devaient préparer les voies à la conquête, et cesmarchands auraient si rapidement fait souche de populations nouvelles,que bientôt une nation tout entière se serait propagée autour des villes oùles délégués avaient reçu l’hospitalité 1 2 . D’après d’autres historiens, lesPipil auraient fait partie des Toltèques fugitifs qui se dirigèrent vers lesrégions méridionales après la ruine de leur domination par les envahis-seurs chichimèques. Il est probable en effet qu’il y eut migration des I’ipilnaliua à quelque époque ancienne, sans doute plusieurs siècles avant laconquête espagnole. Les mots indigènes qui sont entrés dans la languecastillane du Guatemala sont presque tous empruntés au pipil. Un grandnombre de noms géographiques nahuall subsistent en des contrées où lepipil ne se parle plus : ainsi dans toute la région d’Escuintla.
D’après Juarros, le nom de Pipil aurait le sens d’ « Enfants » et leuraurait été infligé par les Mexicains à cause de leur ignorance du beau lan-gage. Une autre étymologie dit au contraire que les Pipil du Guatemala etdes autres républiques des isthmes sont les anciens Pipiltins, c’est-à-dire les« Principaux », les « Meilleurs », les nobles parmi les Aztèques. C’est unnom qu’ils se seraient eux-mêmes donné lors de leur immigration parmides populations moins civilisées. Quoi qu’il en soit, les vocabulaires com-parés de l’aztèque et du pipil publiés par Stoll prouvent que les deuxidiomes sont très rapprochés, et qu’il suffirait d’une étude suivie pen-dant un petit nombre de semaines pour que l’on pût se comprendre del’une à l’autre nation. Depuis la longue période de séparation, peut-êtremillénaire, l’écart des parlers est relativement minime et consiste surtouten élisions et en abréviations de la part des Pipil . Ceux-ci avaient aussiapporté les arts nahuatl dans leur nouvelle patrie et l’on a découvert enpays éakchiquel, habité naguère par les Pipil , des monuments curieuxdont le style se rapproche de celui des Aztèques 5 .
La grande majorité des Indiens du Guatemala appartient à la souche delaquelle descendent aussi les Huaxtèques des montagnes mexicaines et lesMaya du Yucatan : aussi donne-t-on à l’ensemble des populations qui par-