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Livre XVII. Indes occidentales.
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POPULATIONS INDIGÈNES DU GUATEMALA .

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lent ces langues le nom de race maya-quichué, d’après les deux nations lesplus puissantes de ce groupe, les Maya des plaines yucatèques et les Quichuédes plateaux du Guatemala. Dans les limites mêmes de cette dernière répu-blique, les Maya proprement dits occupent un territoire très étendu, c’est-à-dire le district de Petén et presque toute la région bornée au sud par lesrios de la Pasion et Mopan. C’est même une des tribus les plus pures, lesItza, qui représente dans cette contrée la nation des Maya : grâce à leurséjour dans Pile, ou petcn, du grand lac des savanes, ils ont pu long-temps maintenir leur indépendance en même temps que la pureté de leursmœurs et de leur sang. Les Lacandons , qui vivent plus à l’ouest, entre lelac Petén et le cours de l’Usumacinta, sont aussi de purs Maya restés libres,quoique les Espagnols et les Maya eux-mêmes leur donnent fréquemmentle nom de Caraïbes ’. Ils accueillent les étrangers, mais sans obéir à leursordres, et se considèrent toujours comme maîtres de la contrée; d’ailleursils sont fort peu nombreux, au plus quatre ou cinq mille, d’après l’éva-luation des voyageurs qui les ont visités. Ils ont en général les chairsflasques, molles, et paraissent anémiques, ce qu’il faut peut-être attribuerà leur genre de vie, qui se passe tout entière à l’ombre humide des grandsbois. Quoique agriculteurs, ils sont encore à demi nomades, car aprèschaque récolte ils se déplacent pour aller défricher un autre coin de laforêt. On peut se demander, dit Woeikof, si les Lacandons « sauvages »sont réellement moins « civilisés » que les Indiens soumis des contréesvoisines. Ils cultivent le maïs et préparent leurs tortillas de la même ma-nière; comme eux ils se servent de calebasses au lieu de poteries ; en outre,ils sont beaucoup plus habiles comme chasseurs, et d’esprit plus noble etplus indépendant. Ils ont appris tout ce que leurs voisins peuvent ensei-gner et s’ils ignorent l’art de fabriquer le bronze et le fer, les Indiens« policés » ne le savent pas non plus. Du moins les Lacandons , tout engardant pour armes les haches en pierre, sont-ils entrés dans « l’âge duverre de bouteille », car c’est avec le verre cassé de bouteilles obtenues partroc dans les villages des alentours qu’ils taillent leurs pointes de flèches 1 2 .Le costume, uniforme chez les Lacandons , n’est qu’une longue tuniqueblanche, ornée chez les chefs de taches rouges produites par le jus d’unebaie 3 .

Les Mopan, que l’on rencontre en groupes clairsemés au sud du lacPetén et dans la haute vallée du Mopan ou rio Belize sont aussi des Maya,

1 Désiré Cliarnay, Les Anciennes villes du Nouveau Monde.

- Petermanns Mittheilungen, 1879, Heft VI.

3 Désiré Charnav, Bulletin de la Société de Géographie, Comptes rendus, n°2l, 1882.