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dans le haut bassin du riu de la Pasion, le territoire où les divers rameauxdu Polochie prennent leur source est le domaine des Quekchi et desPokonehi, qui descendent aussi de la souche maya, mais constituent ungroupe spécial. Leur contrée était autrefois désignée sous le nom deTezulullan ou « Pays de la Guerre », parce que les Espagnols y descen-daient souvent des plateaux pour guerroyer contre les populations, maissans arriver à les conquérir. C’est au célèbre évêque de Chiapas, Bartoloméde las Casas , et aux missionnaires dominicains qui le suivirent qu’est due lasoumission des indigènes. Sous la condition que l’accès du pays serait in-terdit à leurs compatriotes civils ou soldats pendant cinq années, ils vinrentseuls et sans armes, et bientôt surent se faire admirer des indigènes encélébrant des l'êtes devant eux, en leur enseignant à défiler en processionssolennelles et à chanter le catéchisme catholique sur les vieux airs du pays.En peu d’années ils disposèrent d’un pouvoir sans bornes sur la popu-lation, et la contrée, après avoir été le « Pays de la Guerre », reçut le nomde Yera Paz ou « Paix Durable ». Devenus les serfs volontaires des prêtresdominicains , les Quekchi et les Pokonehi ne furent pourtant convertis qu’àla surface et leurs mœurs rappellent encore celles de l’époque païenne.Les mariages se font souvent à douze ans, même avant la puberté. La mèrechoisit un époux à sa lille ou le père une femme à son fils, et le ménagenouveau s’établit dans la maison des parents qui ont eu l’initiative duchoix ; mais le mariage religieux n’est célébré qu’à l’entrée du mari danssa quinzième année ; souvent le divorce a précédé cette date et les pré-sents ont été rendus de gré ou de force. 11 arrive fréquemment que lemari se considère comme l’époux de ses belles-sœurs et que la mariée soiten même temps la femme de ses beaux-frères : ce serait un reste des an-ciennes mœurs de polyandrie et de polygynie qui, d’après llockstroh, pré-valent encore chez les Lacandons indépendants.
Une des principales nations indiennes, sur le territoire de laquelle a étéfondée la capitale actuelle de l’État, est celle des Pokoman. C’est aussi l’unedes mieux connues, car les Indiens du gros bourg de Mixco, qui viennenttous les matins approvisionner Guatemala de combustible et de vivres, sontdes Pokoman. Ils appartiennent aussi à la souche maya et, comme leursfrères de race, témoignent d’une singulière force de résistance. Ce sont euxqui ont graduellement refoulé les Pipil et les ont divisés en deux tronçonspar la conquête de la région qui forme le faîte de partage. Leurs voisins del’est, les Chorti, qui pénètrent au loin dans le territoire du Honduras , leursont apparentés par le langage. Le parler des Chorti n’est pas encore connu :quelques mots seulement en ont été recueillis par Stephens; or si les