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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
archéologues veulent déchiffra’ un jour les hiéroglyphes que présentent lespierres de Copan, situées sur leur territoire, immédiatement en dehors dela frontière guatémaltèque , comment pourront-ils le faire s’ils ignorent lalangue dans laquelle l’écriture symbolique a été pensée? Mais il faut sehâter, car les dialectes primitifs disparaissent rapidement dans un pays oùles écoles et les journaux se multiplient.
Les Quiché ou « Gens de la Grande Forêt », d’après l’étymologie don-née par Brasseur de Bourbourg , étaient, avec les Aztèques et les Maya,lors de l’arrivée des Espagnols, les habitants les plus policés de l’Amé-rique du Milieu. Ils furent, dit-on, très nombreux : les chroniqueursparlent de plusieurs millions d’hommes. Beaucoup plus clairsemés aujour-d’hui, ils occupent à peu près le même territoire qu’à l’époque où lesbandes d’Alvarado vinrent les subjuguer, et en certains districts, no-tamment dans celui de Totonicapam, ils défendent énergiquement leurlangue contre l’espagnol ; toutefois le langage officiel ne peut manquer del’emporter tôt ou tard dans les villes, pour ne laisser que les villages auxdescendants des indigènes. Le domaine glossologique du quiché comprendsurtout la région des Altos de Quczaltcnango et de Totonicapam, mais ils’étend au nord et au nord-est vers les hauts bassins de l’Usumacinta etdu Motagua, tandis qu’au sud il descend jusqu’à la mer sur le versant dela chaîne maîtresse : sur plus de 100 kilomètres, le littoral lui appar-tient, au sud de Retalulheu et de Mazatenango. Langue des anciens domi-nateurs du pays, le quiché est l’un des rares idiomes indiens qui possè-dent, sinon une littérature, du moins des documents originaux. Le Popol-Yuh ou « Livre d’IIistoire », qu’un patriote inconnu écrivit peu detemps après la conquête pour remplacer celui qui s’était perdu, est unouvrage des plus précieux pour la connaissance des mythes et des légendesde l’Amérique Centrale : traduit en espagnol dès le commencement du dix-huitième siècle par le dominicain Ximenez, puis édité .avec traductionfrançaise par Brasseur de Bourbourg , il présente encore de très grandesobscurités, que des érudits, connaissant bien les langues, les traditions etles mœurs guatémaltèques, parviendront peut-être à faire disparaître.
Le cakchiquel, que l’on parle également sur le plateau, de Sololâ à Chi-maltenango et Antigua, c’est-à-dire dans la zone comprise entre faire duquiché et celle du pokoman, est, comme le quiché, une langue littéraire, etBrasseur de Bourbourg en signale un document historique racontant aussil’histoire de la nation cakchiquel depuis la création du monde et con-cordant avec le Popol-Yuh dans plusieurs de ses passages. Le cakchiquel,le quichué et le tzutujil, que l’on parle dans une petite enclave, au sud du