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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

croyaient aussi que la marimba est d'invention indienne. Mais on nesaurait douter de sa provenance africaine. Elle est connue dans les bassinsdu Niger et du Congo et jusque dans la Cafrerie : ce sont des nègresesclaves qui auraient enseigné aux Indiens l’art de fabriquer la marimbaavec d’autres bois que ceux de la Guinée , mais suivant un modèle ana-logue'. Ee nom même de l’instrument, d’origine bantou, se reproduitidentiquement dans presque tous les dialectes indiens.

Catholiques beaucoup plus fervents que les ladinos, les Indiens n’en ontpas moins gardé l’ancien culte sous le nouveau. En maints endroits, despoupées, qui représentent les dieux des ancêtres, sont cachées sous les autelsdes églises, et les proslernements des fidèles se font devant les deux patronsà la fois; en s’agenouillant devant saint Michel , les Indiennes allumentdeux bougies, l’une pour le dragon, l’autre pour l’archange*. Un anciendieu correspond à chaque personne de la religion chrétienne : en adorantDieu le Père, les hommages des Indiens s’adressent au Soleil, qui est ledieu favorable par excellence ; la Vierge Marie esL pour eux la déesse Lune et les saints sont les Etoiles protectrices. Dans le calendrier nalmall, en-core conservé en certains districts, les vingt jours de chacun des dix-huitmois sont tous classés en jours bons, néfastes ou indifférents. La plupartdes Indiens croient qu’il existe deux Dieux, dont l’un, le I)ios de la Mon-ta fia ou « Dieu de la Forêt », s’occupe spécialement de la race indigène etne connaît ni blanc ni ladino. On l’appelle souvent Dneno del Valo ou« Seigneur de l’Arbre », parce qu’il habite le tronc des ceibas, et c’est aupied du fût gigantesque, dans la clairière de la forêt, que l’on apporte lesprémices des récoltes et du gibier, et que l’on fait fumer l’encens. On adoreaussi la Terre , mais on la craint : elle représente le mauvais principe.

Dans chaque village, les indigènes sont groupés en confradias ou « con-fréries » évidemment constituées de la même manière que les anciensealpulli des Nahua, et chacune de ces confréries a son saint, que l’on fêteavec éclat. Les capitans et capitanes recueillent l’argent nécessaire quidoit payer les costumes, les. cierges, les décors, la musique; parfois aussila communauté s’endette pour de longs mois ; mais le saint en est d’au-tant plus honoré. Les danses mimées représentent des drames cosmo-goniques ou historiques d’origine indienne, mais plus ou moins modifiésdepuis l’arrivée des Espagnols par des légendes nouvelles. Ainsi, l’on dansele « bal des Maures », dont les principaux personnages sont Charlemagne

• Otto Stoll, ouvrage cité; —D. Charnay, Les Anciennes villes du Nouveau Monde; — RaymondPilot, Congrès des Américanistes, 1890; — Ueniker, Noies manuscrites.

i K. von Scherzer, Natur- und Yôlkerleben im tropischen America.