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et Tamerlan , le « bal des Nègres », même le « bal de la Conquête ». Lesacteurs, la ligure cachée de masques en bois et revêtus de feuillages,d’herbes ou de costumes bizarres, s’exaltent jusqu’au délire dans ees fêtes'es. Telle est la passion, la furie des bacchantes indigènes, qu’à leurvue on s’imagine facilement les cérémonies religieuses d’autrefois, quandles fidèles se précipitaient sur des corps sanglants pour en dévorer leschairs 1 2 . Encore du temps de Gage, au dix-septième siècle, des hommes,déguisés en bêtes féroces, poursuivaient les victimes et les déchiraient àbelles dents.
Les chants et les prières des Indiens guatémaltèques ont partout con-servé la trace de l’ancienne religion : c’est ainsi que les Quiclié invoquentencore les « âmes saintes qui accompagnent l’aurore et les derniers rayonsdu jour ». A son baptême l’enfant quiclié reçoit le nom d’un animal, quidevient son nagua-l ou « patron » pour la vie ; mais souvent ce nom del'être protecteur reste caché, car si des ennemis lui faisaient du mal, sonprotégé en souffrirait en même temps 5 . Le terme de nagual ou nahuatl,pris tantôt dans une bonne part pour désigner le génie protecteur, tantôtdans une mauvaise part pour indiquer le zahorin ou sorcier, ne rappelle-t-il pas les temps de la civilisation nahuatl que la conquête essaya bru-talement de détruire 3 * ? On désigne d’une manière générale sous le nomde nahualisme l’ensemble des superstitions antérieures à l’introduction duculte catholique.
Le cœur plein des maux inoubliables de la servitude, et conscients de laforce que leur donne le nombre, les Indiens ne se sont point encore fondusavec les ladinos, et les haines profondes de race à race ont eu maintesfois l’occasion de se révéler par des massacres pendant les luttes susci-tées par les ambitieux du pouvoir. En 1858, lorsqu’une armée d’in-diens, commandée par un des leurs, l’ancien bouvier Rafael Carrera ,pénétra victorieusement dans la capitale, on put craindre que ces ven-geurs, « suscités par la Vierge Marie pour tuer les blancs, les étrangerset les hérétiques », ne missent leurs menaces à exécution; mais dansleurs victoires mêmes ils devaient subir l’ascendant des ladinos pluscivilisés, avec lesquels d’ailleurs les points de contact et de fusion semultiplient d’année en année. De même qu’on donne parfois le nom de« blancs » aux ladinos, qui sont tous d’origine métissée, de même ondésigne comme des Indiens purs une foule de villageois qui ont aussi du
1 Brasseur île Bourbourg : Olto Stoll, ouvrages cités.
2 Lucien Biart , La Terre Chaude; — II. II. Bancroft, ISative Races.
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