SAN-MÂRCOS.
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l’avenir du pays. Il a gardé les vertus de la solidarité. Dans tous lesvillages où les indigènes sont restés leurs propres maîtres, ils cultivent,outre leurs jardins particuliers, une milpa communale, c’est-à-direune terre appartenant à l’ensemble des habitants et mise en rapportpar le travail successif de tous les ayants droit : chaque dimanche, unenfant parcourt les rues du village, convoque les résidents au son dutambour et désigne ceux qui travailleront pendant la semaine au prolitde la commune. L’Indien noue des amitiés solides, il est reconnaissantet dévoué ; sa vie est moins agitée que celle du ladino, sa famille estplus unie : il n’est jamais parasite et nourrit ses fiers concitoyens quisuccomberaient sans lui.
La population guatémaltèque s’est groupée principalement dans les terresfroides et tempérées de la chaîne qui longe le littoral du Pacifique : lazone montagneuse est en même temps la zone peuplée, et toutes les villesde quelque importance se succèdent sur les hauteurs entre les plainesriveraines de l’Océan et les vallées supérieures de l’Usumacinta et duMotagua.
Près de la frontière mexicaine, la première ville du plateau est cellede San-Mârcos, située en terre froide, sur une hauteur d’où l’on con-temple un horizon très vaste, couvert de cafèteries depuis quelquesannées. Dans une plaine voisine, se prolonge la ville indienne de San-Pedro Sacatepeques, dont les habitants ne parlent plus le marné, l’an-cienne langue du Guatemala occidental : ils ont été déclarés ladinos parun décret récent, ce qui a pour conséquence une plus grande autonomiedans l’administration de leurs intérêts. San-Mârcos s’est beaucoup enri-chie par la vente de son café, qui est d’une qualité fort appréciée; maisla population du département est encore clairsemée et les villages y sontpeu nombreux.
Le port naturel de San-Mârcos et des plantations environnantes estl’estuaire d’Ocos, qui s’ouvre à 80 kilomètres vers le sud-ouest, à l’embou-chure de l’Ocos, sur une lagune où se déverse aussi le rio Naranjo, grosside plusieurs autres rivières. Les plaines qui bordent le littoral en cetendroit sont de vastes savanes souvent inondées, parsemées de lagunespermanentes et de forêts insulaires. En avril, les marchands et les plan-teurs du Soconusco mexicain et du Guatemala occidental s’y donnentrendez-vous pour une foire, où d’ordinaire se font des transactions consi-dérables. Nombre des visiteurs du marché apportent filets et fusils pour se