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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
prêteurs, qui sont les véritables maîtres du sol. Ils préfèrent le séjour de celieu salubre à celui de Retalbuleu, qui est beaucoup plus rapprochée de lazone des grandes cultures, mais qui est un des endroits les plus malsainsdu Guatemala . Retalbuleu, c’est-à-dire le « Signal », est située à 41o mè-tres d’altitude seulement, c’est-à-dire en pleine « terre cbaudc », sous unclimat dont la température moyenne est de "28 à 29 degrés centigrades :c’est un ancien marché probablement établi par les rois qniché pour seprocurer en suffisance le cacao et le coton. La ville des ladinos et sonfaubourg indien Santa-Catarina se cachent dans la verdure des bana-niers, des manguiers, des tamarins, mais de loin on ne voit que la forêtdes hauts cocotiers balançant leurs éventails au-dessus de la masse touffuedes autres arbres. Naguère la principale récolte de Retalbuleu était celledu cacao; maintenant la culture du cafier et des plantes alimentairesindispensables aux ouvriers des fincas a remplacé celle des cacaoyers, etle port de Champerieo, qu’un chemin de fer fait communiquer avec Re-talbuleu, n’expédie guère que des cafés. Lieu des plus iièvreux dans lasaison des pluies, Champerieo n’est habité que pendant les sécheresses, etsurtout en avril et en novembre, à l’époque du chargement des navires,mant presque tous à des Américains du Nord : la moitié des char-geurs sont des immigrants mexicains 1 . Le port s’ouvre sur une lagunecôtière exploitée en marais salants, comme toutes celles qui se prolongentau sud-est vers la bouche du Salamd, rivière qui descend des Altos parTotonicapam, Quezaltenango et Retalbuleu.
Tolonicapam, bâtie à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Que-zaltenango et sur le même plateau, est plus froide encore : son altitudeest de 2484 mètres, soit environ 140 mètres de plus que sa voisine et200 mètres de plus que México . C’est une gracieuse ville, du moins vue àdistance, du haut de la montagne qui la domine ou des collines environ-nantes : ses jardins verdoyants, cachant les maisons, ne révèlent que sescoupoles blanches. Le nom de la ville est aztèque, mais il est la traduc-tion d’une ancienne appellation quiclié, Xe-me’ken-ya, qui signifie « Prèsdes Eaux-Chaudes » : en effet des sources thermales jaillissent dans le voi-sinage. La population de Totonicapam se compose principalement deQuiché,dont la langue la plus usuelle est encore celle de leurs aïeux, et qui,loin de se considérer comme les inférieurs des ladinos, constituent au con-traire une sorte d’aristocratie. D'ailleurs, un grand nombre d’entre eux
1 Mouvement du poi l de Champerieo, en 1888 :
272 navires, dont 25<3 vapeurs et 16 voiliers, jaugeant ensemble 404600 tonnes.