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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

mie la plus populeuse de l’Amérique Centrale , malgré les tempêtes, inonda-tions, tremblements de terre et maladies qui se succédèrent. Ses habi-tants, disait Cage, demeurent entre « deux montagnes qui tiennent en sus-pens leur ruine : le volcan de Agua les menace du déluge et Fuego leurprésente une des bouches de l’Enfer ». Plusieurs fois, les gens de Santiagoavaient fait leurs préparatifs de fuite, puis, le danger passé, s’étaientbornés à réparer leurs demeures, lorsque en 1775 de terribles secoussesdu sol renversèrent presque tous les édifices. 11 fut enfin décidé qu’on choi-sirait un troisième emplacement pour la capitale, et l’on désigna le petithameau de la Ermila, sur le haut plateau de las A’acas, à une quaran-taine de kilomètres au nord-est, comme le lieu le plus favorable pour laconstruction de la cité. Le peuplement de ce plateau commença aussitôtaprès le désastre de la Antigua , mais la translation officielle ne se fit qu’en1779. La première maison de Guatemala , la hacienda de la Virgen, existeencore, signalée aux étrangers comme un monument historique. Cependantla Antigua ne fut jamais complètement abandonnée ; maintenant elle est,par le nombre des habitants, la cinquième ville de la République, sapopulation continue d’augmenter, ses eaux thermales attirent les malades,les habitants de Guatemala y vont en villégiature, et nombre d’édifices ren-versés ont été reconstruits. Ceux qui furent les plus somptueux, cathé-drale, couvent de Saint-François, palais des gouverneurs, sont d’admirablesruines, rendues plus belles encore par les arbres qui croissent dans leslézardes, enroulant leurs racines autour des sculptures. Les Indiens de laAntigua vont recueillir la neige qui se dépose en hiver dans les hautes cre-vasses du volcan de Agua et la vendent dans la capitale.

Celle-ci, la troisième Guatemala, la plus populeuse cité de l’Amé-rique Centrale , est située sur un terrain légèrement en pente, dans ladépression d’un plateau de 1500 mètres en altitude moyenne, formant ledos de partage entre les versants des deux mers. Une petite butte de por-phyre, le cerro dcl Carmen, où se trouve l’ermitage ancien qui vaut à laville le nom d’Ermita, encore employé par les Cakchiquel, domine Guate-mala , et de cet observatoire on a sous les yeux l’ensemble des quartiers, quis’étendent sur un espace très considérable. Le paysage est triste, à cause dumanque d’arbres sur le faîte broussailleux « des Vaches », livré depuistrois siècles et demi au pâturage, mais l’immense panorama, limité au sudpar les deux grands cônes volcaniques, offre un caractère grandiose; il n’estpas de capitale qui occupe d’une manière plus évidente une position cen-trale et dominatrice sur les régions qui s’abaissent au loin. A l’intérieur,Guatemala , construite avec la régularité parfaite d’une cité modèle, pré-