ESQl'IPl'LAS, QU1RIGI À.
399
Centrale'. Au sud d’Esquipulas, dans une vallée voisine, on exploite lesplus riches mines argentifères de la République , celles d’Alotepeque.
Le torrent qui descend d’Esquipulas vers le Motagua a pour villes rive-raines Chiquimula et Zacapa, l'une et l’autre chefs-lieux de départements demême nom et destinées à prendre une importance considérable avec lepeuplement de la contrée : un des tracés du chemin de fer de Guatemala àl’uerto-Ba trios sur 1” ' \ e, traverse ces deux villes. A peu près àmoitié chemin, la rivière de Copan s’unit à celle d’Esquipulas, aprèsavoir arrosé les campagnes de Comotûn et deJocotân, jadis cultivées ennopals à cochenilles et en indigotiers, et maintenant très productivesen tabac. Des sources d'eau sulfureuse emplissent un petit lac au sud deJoeolûn.
A une dizaine de kilomètres en aval de Zacapa et de ses plantations detabac, les eaux de la vallée tomber,*dans le Motagua, qui devient navi-gable pour les bateaux à vapeur à une petite distance en aval, soit àGualan dans la période des crues, soit à Barbasco, dans la saison dessécheresses. Au nord-est de cette dernière bourgade, dans les forêts de lasierra del Mico, des pyramides nombreuses et de très belles ruines, surtoutdes monolithes sculptés, couverts de hiéroglyphes et représentant desligures humaines, des tortues, des armadillos et autres animaux, indiquentl’emplacement d’une cité indienne dont le nom même a disparu : on leurdonne actuellement 1’ __ ’’ de (Juiriguâ, d’après un village situé àS kilomètres de distance*. En 1X59, lorsque Stephens et Catherwood com-mencèrent leur voyage d’exploration archéologique dans l’Amérique Cen-trale , on ignorait jusqu’à l’existence de ces ruines, et les voyageurs pas-sèrent à quelques kilomètres de distance sans les voir : on ne connaissaitalors dans la contrée d’autre ville indienne abandonnée que celle deCopan, située immédiatement en dehors de la frontière guatémaltèque ,vers l’origine de la vallée de Coinotân. D’après Stoll, les ruines de (Jui-rigua frappent surtout le spectateur par leur état remarquable de conser-vation, bien qu’elles ne consistent pas en matériaux d'une dureté particu-lière et qu’elles soient exposées à un climat des plus destructeurs, à lafois très humide et très chaud; bien plus, les inondations du Motaguaatteignent parfois le champ des ruines et le courant en ravine le sol. Ilserait donc impossible, pense-l-il, que ces monuments fussent d’un âgetrès éloigné de nous, et peut-être même étaient-ils en parfait état lors de
1 Bernouilli: Stoll ; Stephens; Lalerrière, etc.
- A. P. Mnudslay, Proceedings of tlic H. Geographical Society, Sept. 1886.