Band 
Livre XVII. Indes occidentales.
Seite
401
JPEG-Download
 

IZABAL, LIYI.AGSTO.N, SANTO-TOMAS.

401

Ce port est le troisième du Guatemala : il vient après San-José et Gham-perico 1 . C’est dans le voisinage, sur la rive orientale du rio Dulce, prèsdu village actuel de San-Gil, que s’élevait la cité puissante de Nito que con-quit Olid, le lieutenant de Cortès, et dont il voulait faire la capitale d’unroyaume indépendant. Le cap oriental qui s’élève au bord du lac, à la sortiedu rio Dulce, porte la citadelle de San-Felipe, un des lieux les plus insalubresdu littoral ; aussi le gouvernement en a-t-il fait choix comme prison d’Élat.

Un autre point du littoral guatémaltèque est depuis longtemps désignécomme devant être le lieu de rendez-vous des navires étrangers. La citéfuture, indiquée par quelques cabanes qui portent encore le nom de Puerto-Barrios, d’après un dictateur du Guatemala , attend pour surgir sur lesbords de son admirable bavre, Santo-Tomas, que le chemin de fer trans-continental soit terminé. On a pourtant essayé à plusieurs reprises d’ame-ner la population en cet endroit, mais sans succès. La contrée avant étéméthodiquement dépeuplée par les Espagnols eux-mêmes, ne pouvait sub-venir à aucun commerce et des colons étrangers eussent été condamnés à ymourir de faim. En 1604, lorsque le pilote Francisco Navarro, chargé parl’administration coloniale de l’exploration des côtes, eut découvert cettebaie profonde et sûre, près du village d’Amatiquc, qui a donné son nomà la partie la pins resserrée du golfe de Honduras , il parut indispensabled’en fortifier l’entrée et d’y établir une garnison; mais le poste fut bientôtabandonné, par crainte des pirates qui pullulaient dans les Indes Occi-dentales, et le gouvernement espagnol décida que le port atlantique du Gua-temala serait situé, non sur le bord de la mer, mais au loin dans l’inté-rieur, sur la rive du Golfo Dulce. L’existence même de la baie de Santo-Tomas finit par être oubliée et ce fut comme une découverte nouvellequand une compagnie belge en demanda la concession à la république duGuatemala . On lui concéda en effet, non seulement le port, mais encoreun espace adjacent de 560 000 hectares, la moitié d’un département fran-çais, à la condition d’y construire des routes, des ponts, et d’y introduire aumoins mille familles de colons en dix ans; mais, comme tant d’autressociétés de colonisation, la compagnie de Santo-Tomas s’occupa moins del’œuvre elle-même que de spéculations financières, et lorsque les premierscolons arrivèrent au port, en 1845, ils ne trouvèrent qu’une seule cabaneet un hectare de terre en culture : le travail des cinq premières annéesn’aboutit qu’à la construction d’une cinquantaine de chaumières et au

1 Mouvement de la navigation, en 1888, à Livingston et Izabal :

'204 navires, dont 184 vapeurs, jaugeant ensemble 120 08(3 tonnes.

xvn.

a