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Livre XVII. Indes occidentales.
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402 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

défrichement de six hectares. Un tiers des immigrants périt; les autres sedispersèrent 1 .

La vaste province dite Alla Yera-Paz, qui appartient en grande partieau hassin du Polochic et du Golf'o I)ulce, a pour chef-lieu la ville deCoban, située à 15*28 mètres d’altitude, dans la région la plus salubre duGuatemala et l'une des plus verdoyantes et des plus fertiles : la tempé-rature y est égale et douce. Coban, quoique bâtie sur une élévation, est àpeu près invisible : chaque habitation, avec son jardin, sa basse-cour etson champ, disparaît derrière un rideau d’arbres ou d’arbustes. C’est unedes cités prospères de la République , et sa population s’accroît rapide-ment : elle était de 18 000 habitants en 1888, ce qui est énorme pour uneville aussi éloignée des voies commerciales, et près d’une centaine d’Euro-péens sont au nombre des résidents. Les gens de Coban sont en grande ma-jorité des Indiens Quekchi, travailleurs fort laborieux, qui font produire àleurs champs des récoltes considérables de maïs et de haricots et en expé-dient même en d’autres régions du Guatemala . La principale cultureindustrielle de Coban est celle du cafier, qui réussit très bien dans lesterres de la Yera-Paz, mais les planteurs se plaignent de n’avoir pas dedomaines assez étendus, et sont constamment en lutte avec les Indiens,qui se refusent très sagement à vendre leurs milpas pour vivre ensuiteaux gages des propriétaires et cesser d’être leurs propres maîtres. Une autreculture introduite dans le pays depuis 1875, celle du cinchona, paraîtavoir pleinement réussi. Enfin, l’arbuste à cire (myrica cerifera) est utilisédans le pays depuis le milieu du siècle. Dans les environs de Coban, lesrochers sont percés de cavernes nombreuses, masquées par la végétation àleurs issues ou dans les entonnoirs qui les font communiquer à l’air libre;il arrive fréquemment que le bétail se déroche et disparaît dans cesgouffres. On peut dire qu’une grande partie du Yera-Paz repose sur d'im-menses voûtes calcaires 5 . La grotte la plus fameuse de ces régions est cellede San-Agostin Lanquin, où naît une petite rivière aflluente du Polochic.

Les gens de Coban ou Cobaneros, qui donnent leur nom à la languequekchi ou minutera, et leurs voisins les Indiens du gros bourg dit San-Pedro Carchah, exercent aussi divers métiers, et, comme les Indiens desAltos, voyagent au loin comme charpentiers, tisserands, tailleurs, mar-chands de plumes de quezal, chez les ladinos des plateaux. Infatigablesmarcheurs, ils vont chercher ou porter des marchandises non seulement

< Arthur Morelet, Voyage dans l'Amérique Centrale .1 A. Rollfus et G. dp Mont-Serrat, ouvrage cité.