FLORÈS, TI K AL.
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bitude de jeter leurs morts dans le lac pour en nourrir les hôtes. Lesproductions de Pelén auront d’autant plus de valeur un jour, que le paysest au centre de croisement de quatre grandes voles naturelles de commu-nication, vers le Yucatan, le Tahasco, Belize et Guatemala . Lorsque leschemins de 1er réuniront les républiques de l’Amérique Centrale , unedes lignes majeures sera certainement celle qui rejoindra le Honduras au Mexique en passant au sud de la niasse quadrilatérale du \ucatan, àtravers les plaines herbeuses du Guatemala septentrional. Mais tel étaitnaguère l'isolement de Florès, que les événements politiques accomplisdans le haut pays n’étaient connus dans cette ville que trois mois et demiplus lard. Au milieu du siècle dernier, le gouvernement espagnol avaitrassemblé des troupes à Petén pour attaquer les établissements anglais deBelize ; cependant le manque absolu de commerce fit oublier plus tardl’existence de ce port, et, vers 1820, quelques habitants du district s’étantaventurés du côté de l’est, en suivant le cours du Mopan, crurent avoirfait une merveilleuse découverte lorsqu’ils arrivèrent à la ville anglaise 1 .Des cités ruinées sont éparses dans les clairières au nord du lac vers lesfrontières du Yucatan . Une seule, à 52 kilomètres au nord-est de Pelén,a été explorée, Tikal, remarquable par sa liante pyramide, revêtue delianes : c’est le plus majestueux édifice maya qu’ait vu Maudslay dans sesvoyages à travers l’Amérique Centrale . Bernouilli y a trouvé une douzainede tables hiéroglyphiques en bois de zapote, appartenant maintenant aumusée de Bâle .
La population guatémaltèque s’accroît notablement chaque année, etpresque uniquement par l’excédent des naissances sur les morts : l’immi-gration n’y a qu’une très faible part 5 , car le nombre des étrangers àl’Amérique Centrale, Européens, Américains du Nord , Chinois, atteint àpeine deux milliers. Les plus nombreux, dits Tiroleses ou « Tiroliens »,sont des Italiens du Nord, Piémonlais et Lombards, gens laborieux, jar-diniers, maçons, pâtissiers, portefaix, ne dédaignant aucune espèce d’ou-vrage, ce qui leur a valu d’abord l’extrême mépris des Indiens, habituésà ne voir dans les blancs que des maîtres inoccupés. Lors du recense-ment de 1778, le Guatemala n’avait que 260 000 habitants; actuellementils sont 1 450 000, c’est-à-dire quatre ou cinq fois plus nombreux. L’aug-
1 Arthur Morelet, ouvrage cité.
* Mouvement des voyageurs en 1889 : Entrées 0711 ; sorties 6480.