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Livre XVII. Indes occidentales.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

courte période de repos. Ils lui trouvèrent alors une altitude de 1825 mètres,dont 400 mètres environ au-dessus du malpais de sa base : ils constatèrentque la partie suprême du volcan était percée de trois cratères, dont un seterminant par un puits vertical d’où s’échappaient les fumées avec dessifflements et des tonnerres; des milliers de jets sulfureux s’élançaient detout le sommet de la montagne. Le cône de l’Izalco, toujours égalisé parles cendres fines qui glissent sur les pentes, est d’une régularité parfaite,« comme s’il était fait au tour. » Aucune herbe n’a eu le temps d’y prendreracine, quelques taches d’alun blanchâtre contrastent çà et là avec lanuance brune ou rougeâtre de la masse 1 .

Le volcan de San-Salvador, qui s’élève à une douzaine de kilomètres aunord de la capitale, atteint 1871) mètres et parait être au repos depuis uneépoque antérieure à la conquête. Vu de loin, il n’offre pas les caractèresdistinctifs d’un cône volcanique. C’est un massif allongé, à hase irrégu-lière, recouvert de forets jusque dans le voisinage de la cime. Mais dans lapartie suprême s’ouvre un très vaste cratère, presque rond, que l’onappelle le boqueron, et qui renferme un lac profond d’eau verte et transpa-rente : c’est une immense dépression circulaire d’environ 5 kilomètres detour et 200 mètres en profondeur. Sur les pentes de la montagne setrouve un ausol d’où s’échappent incessamment des vapeurs, et près dela hase septentrionale s’alignent quelques cônes adventices, dont l’un, levolcan de Quezaltepeque, eut une petite éruption au commencement dusiècle. Des sources thermales coulent au pied du volcan, et les dégagementsd’acide carbonique sont fréquents : il a fallu parfois interrompre les tra-vaux de la campagne à cause des gaz asphyxiants qui s’échappaient dusol. Enfin, parmi des huttes à cratère on voit, à 12 kilomètres à l’ouest dela capitale, un abîme, dit la Hoya ou la « Fosse », ancienne bouche d’é-ruption ouverte à fleur de terre à travers des couches puissantes de sablesvolcaniques : un lac, Cuscatlân, dormait au fond de ce cratère éteint ; il s’estrécemment vidé et des champs de cannes à sucre ont pris la place des eaux.

Ainsi les phénomènes extérieurs d’activité volcanique n’ont pas eu grandeimportance dans la région dont San-Salvador occupe le centre, mais lessecousses du sol y ont été fréquentes et terribles : à cet égard il y a peu decontrées au monde qui aient été plus éprouvées par les tremblements deterre. Le nom de Cuscatlân, qui est celui de la lagune, de la plaine envi-ronnante, et, dans le parler indigène, de la ville même et de plusieursvillages, rappellerait les nombreuses trépidations de l’écorce terrestre :

1 A. Rollfus et E. <tc> Monl-Semt. ouvrage cite.