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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

vin

mélis saivadoriens dépassait déjà do beaucoup celui des blancs : la popu-lation était devenue « ladine ». Les quatre cinquièmes des habitants duSalvador appartiennent à la fois aux deux races par le mélange des sangs,dépendant il reste des Indiens, sinon complètement purs, du moinsassez distincts pour constituer des communautés à part. Tels sont les PipildTzalco , qui parlent encore un dialecte mexicain. Tels sont aussi quelquesgroupes d’indiens dont les villages parsèment le versant méridional du vol-can de San-Yicenle et qui liront en 18Ü2 une guerre de race aux blancs etaux métis'. Mais les Indiens restés le plus à l’écart de la domination espa-gnole et conservant le mieux l’ancien langage et les mœurs primitives sontceux de la côte du Baume, cantonnés au sud de la voie historique suiviepar les migrateurs, les conquérants et les pèlerins, le long de la chaîne desvolcans.

Ces Indiens ont généralement construit leurs villages sur les terrasses etles sommets des collines qui forment un massif distinct en cet endroit dulittoral; leurs demeures ne sont que des huttes basses recouvertes defeuilles de palmier ou de sacate, et les seuls chemins du pays sont d’étroitssentiers. Ils cultivent le maïs, mais se bornent à ensemencer la faible éten-due de terrain qui leur donnera les provisions de l’année : leur récoltesupplémentaire est fournie par les baumiers, dont ils vendent les produitsdans les ports du littoral; l’argent qu’ils en retirent sert à orner leurséglises et à fêler bruyamment leurs saints, car, restés païens, ils sont enmême temps devenus catholiques. Graves, taciturnes, on les croirait à pre-mière vue moins intelligents que les Indiens Quiche ou Cakchiquel : cequi tient peut-être à l’extrême réserve qu’ils gardent envers les étrangers.Physiquement, ils différeraient aussi de leurs voisins du Guatemala ; ils se-raient un peu plus foncés et leurs femmes resteraient beaucoup plus petites.Les mariages, toujours décidés par les parents, se font à un âge très jeune,de douze à quatorze ans, et durant les premières années le couple doitvivre dans la demeure du père de l’époux et travailler à sou service; iln’est même pas rare de voir des familles de trois générations successivesvivre ensemble sous la direction du patriarche.

Très dociles, les Aztèques de la côte du Baume obéissent à leurs aima lesou anciens, et c’est à eux qu’ils doivent confier toutes les économies réser-vées pour les fêtes patronales. Les ahuales se réunissent la nuit, toujoursà la lueur d’un feu sacré brillant dans un coin de la chambre et symboli-sant sans doute la flamme divine qui est censée éclairer les hommes dans

1 E. G. Sf|uiei\ ouvrage cilé.