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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

et là on observe des transitions brusques d'espèce à espèce et dans certainesrégions les limites secondaires entre les diverses formes organiques se pres-sent plus nombreuses qu’ailleurs. La partie médiane du Honduras est unede ces régions. Il semble au premier abord que les principales lignesde partage entre les diverses provinces de la llore et delà faune devraientcoïncider avec les étranglements des isthmes et les vallées fluviales, notam-ment avec la dépression dans laquelle se trouve le lac de Nicaragua et d’oùs’écoule le rio San-Juan. Il n’en est rien. La barrière qu’un étroit inter-valle de quelques centaines de mètres pose entre les forets du Costa-Kica etdu Nicaragua n’est pas suffisante pour empêcher la propagation des espècesvégétales et animales. La vraie limite est beaucoup plus au nord et précisé-ment à un des endroits les plus larges de l’Amérique Centrale , là où lesforêts de la Musquilie et du rio Segovia font place aux savanes et auxcroupes herbeuses de l’intérieur du Honduras : les vallées de l’IIunnnaet du Goascoran avec le seuil intermédiaire constituent la ligne de divisionnaturelle; de chaque côté, la flore et la faune offrent, par de nombreusesespèces, un remarquable contraste 1 2 . Un des arbres caractéristiques du Hon-duras est le pin, que l’on rencontre dans toutes les parties élevées du ter-ritoire et même sur les deux versants, jusque dans le voisinage de la mersur le côté du Pacifique; toutefois il 11 e croît pas à une altitude moindrede 400 mètres, tandis que sur les pentes tournées vers f ' ’ , notam-

ment dans la plaine de Sula, on le voit à 80 mètres, et le long des rivièreset des ruisseaux de Truxillo il parsème les savanes à la façon des arbresdans les parcs anglais 5 . Les hirondelles vivent par myriades dans ces fo-rêts. Dès l’aurore, elles s’élèvent en spirale dans l’atmosphère, en massessi épaisses qu’elles ressemblent à une colonne de fumée, et le soir ellesredescendent de la même manière avec un bruit d’ouragan. D’après Squier,on trouverait encore l’oiseau quezal dans les montagnes de Merendon.

D’après les statistiques plus ou moins approximatives que l’on a faites dela population du Honduras , les trois quarts des habitants sont des ladinoset tout accroissement profile à cet élément de métis espagnols : les Indienspurs ou plutôt ceux qui vivent cantonnés à part, soit dans le voisinage dela population policée, soit isolés dans les montagnes, 11 e seraient pas mêmeau nombre de soixante-dix mille. Du reste, tous ces indigènes, «apprivoisés »

1 Siilvin, Ibis, July 187:2; —Thomas liclt, Tlie Naluralisl in Nicaragua ; — Ilemsley, Biologiacentrali-americana.

2 G. Squier, Notes 0:1 Central America