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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
que par l’intermédiaire des caciques; cependant ceux-ci entraînent parfoisleurs tribus à faire des entreprises de défrichement pour les planteursétrangers'. Les Paya ou Poya du rio Negro, dans le voisinage du capCamaron, ont conservé les mœurs patriarcales et, comme les Pueblos desÉtats-Unis, habitent de grandes maisons communes, de forme ovale etd’environ 25 mètres de long sur 10 mètres de large, où chaque famille ason compartiment; à l’extrémité delà demeure, un espace limité par unrideau de branchages verts est réservé aux femmes malades ou en cou-ches 2 . Les Poya préparent une boisson fermentée au moyen d’un mélangede cassavc et de maïs. Ils se disent catholiques, comme les autres Indiensdu Honduras , mais cette profession de foi est simplement un acte de doci-lité envers la race dominante des blancs ou cristianos.
Après l’extermination ou le refoulement des Indiens qui vivaient sur lelittoral, les nègres devinrent assez nombreux sur les côtes du Honduras . Undit que dans les commencements du dix-septième siècle un grand navirenégrier échoua sur les bancs dans le voisinage du cap Gracias-à-Dios et queles Africains échappés au naufrage fondèrent en cet endroit une petiterépublique indépendante. Plus tard, des nègres fugitifs de la Jamaïque etd’autres Antilles vinrent s’établir dans la même contrée; puis des planteursanglais y importèrent des esclaves et y fondèrent des villages dans l’espé-rance de conquérir le pays; les nègres libres qui les avaient précédés leurservirent de chasseurs pour aller capturer d’autres hommes ou pour lesassujettir au tribut. Transformée peu à peu par les croisements, cette popu-lation d’immigrants noirs n’était guère plus, à la fin du siècle dernier,composée que de sambas ou métis de noirs et d’indiens. Ils étaient surtoutnombreux sur les rives du bas Patuca et dans les savanes voisines deslagunes Brus et Caratasca; mais une nouvelle invasion les refoula presquetous dans le Nicaragua , sur les côtes de la Mosquilie.
Les envahisseurs étaient aussi des bannis : dans cette lutte incessante depeuple contre peuple et de race contre race, les noirs avaient été transpor-tés de leur terre d’Afrique, de même que les Caraïbes avaient dû quitterleur Antille natale de Saint-Vincent. Cinq mille d’entre eux, embarquéssur des navires anglais en 1796, pour faire place à des blancs accompagnésde noirs asservis, furent déposés sur la plage de Roalan, l’ile principale dela baie de Honduras . On croyait que celte déportation en masse de tout unpeuple aurait pour conséquence inévitable l’extinction de la race caraïbe ;