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Livre XVII. Indes occidentales.
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INDIGÈNES, CARAÏBES DU HONDURAS .

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mais au contraire, après les premières difficultés de l’exil, les nouveau-venus s’accommodèrent parfaitement à la terre où ils étaient obligés devivre : un grand nombre restèrent à Koalan, où ils se firent pêcheurs etjardiniers, d'autres allèrent s’établir dans les îles occidentales de l'archipel,mais la plupart acceptèrent l’invitation du gouvernement espagnol , quileur offrait des terres sur la côte ferme du Honduras , aux environs deTruxillo. Peu à peu la population dominante, non seulement dans lesîles de la Paie, mais sur tout le littoral hondurien et guatémaltèque etdans toute la partie méridionale du Honduras Britannique, est devenuecelle des Caraïbes , les descendants des bannis de Saint-Vincent. On lesévalue à une vingtaine de milliers. Ce sont eux qui prennent la place desIndiens que lit disparaître la traite, eux sur lesquels on doit compter pour ledéveloppement, de toutes les ressources de la contrée : agriculteurs et jar-diniers, ils vont aussi couper le bois d’acajou dans la forêt, l'attachent enradeaux et le chargent à bord des navires; ils pêchent, construisent lesembarcations, transportent les marchandises, servent d’intermédiairesentre les commerçants de l’intérieur et ceux de l’étranger. Plusieurs ontdes-plantations de cannes à sucre et de tabac et sont les initiateurs desindustries locales.

La plupart des exilés de Saint-Vincent étaient des « Caraïbes noirs »,c’est-à-dire déjà métissés avec l’élément africain, et depuis leur arrivée dansle Honduras le mélange des sangs s’est encore accru. Les divers croise-ments, aussi bien que les contrastes d’occupations et de milieux, ont crééde grandes différences; mais en général on peut dire que ces « Indiensnoirs » sont de belle taille, bien faits, d’une force musculaire exception-nelle, d’une singulière adresse et très actifs au travail. Ils aiment la toilettecomme tous les créoles des Antilles et tiennent très proprement leurs per-sonnes, leurs demeures et les rues de leurs villages; en maints endroits,ils prennent soin d’élever leurs porcs à une très grande distance des plan-tations et des cases, afin d’éviter toute malpropreté dans le voisinage :aussi les villages de Caraïbes , situés d’ordinaire sur quelque promontoirebien exposé à ia brise, sont-ils beaucoup plus salubres que les pueblos desladinos. D’après Squier et Morelet, les Caraïbes auraient même une qua-lité qui manque à la plupart des gens de couleur : ils seraient prévoyantset s’occuperaient de l’avenir en vue des soins dus à leurs vieux parents et àleur nombreuse progéniture.

Presque tous les Caraïbes parlent plus ou moins bien trois langues,l’idiome de leurs aïeux des Antilles, l’anglais et l’espagnol , et l’on peut pré-voir le jour où le parler maternel finira par tomber hors d’usage. Les Ca-