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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
raïbes s’assimileront peu à peu aux populations européanisées des alen-tours; cependant il est encore de nombreux Caraïbes du Honduras qui,tout en se disant cristianon et catholiques, ont conservé les mœurs del’époque païenne, où se mêlent d’une manière étrange les prérogatives del'homme et celles de la femme. Le premier a le droit de prendre plu-sieurs épouses, mais à condition de donner à chacune case et jardin et deles traiter exactement de la meme manière. Une fois la lèmme installéedans sa maisonnette, elle en est la propriétaire absolue; les produits deson jardin lui appartiennent et c’est à son prolit qu’ils sont vendus aumarché. Si le mari se inet au service de sa femme comme porteur oubatelier, il est payé à l’égal des autres ouvriers'. Et cependant ce marisalarié ne consentira jamais, quand il accompagne sa femme, à secharger d’un fardeau : c’est à elle que revient ce travail, emblème deservitude.
Sur la cote atlantique du Honduras , les blancs ou les métis d’origineeuropéenne les plus nombreux sont des Anglais , et leur langue, plus oumoins corrompue, domine en maints endroits. Le voisinage de Belize expli-que en partie cette importance de l’élément britannique. Mais elle pro-vient aussi de ce que, pendant plus d’un siècle et demi, le gouvernementanglais a fait à plusieurs reprises acte de pouvoir sur celte partie du ter-ritoire hispano-américain, en y envoyant des soldats et des colons. Audernier siècle, des pirates de la Jamaïque étaient devenus les maîtres de lavallée du rio N'egro (Tinto) ou Poya, et ils y avaient établi des plantationset des camps protégés par un fort, qu’il leur fallut évacuer en 1785, envertu du traité de Versailles; mais ils essayèrent d’y revenir comme ilsétaient revenus à Belize . Maîtres des îles de la Baie, dans lesquelles ilsdéportèrent les Caraïbes , ils parlaient de Boatan comme d’un « nouveauCibrallar », la « Clef de l’Amérique Espagnole », et ce point d’appuidevait servir aux spéculateurs anglais pour tenter la conquête de la terreferme. En 1810, sir Gregor Mac-Gregor, devenu « cacique des Poyas, parla grâce de Dieu et par la volonté du peuple », s’établissait sur le rioN'egro et fondait un royaume imaginaire qui embrassait une grande partiedu Honduras et du Nicaragua . En 1850, une compagnie anglaise, succé-dant à ce cacique écossais, essayait encore de s’approprier le versant,atlantique du Honduras , en fondant une nouvelle province de « Victoria »,comme il devait plus tard en exister tant d’autres dans l’empire colonialde l’Angleterre; une ville de Fort-Wellington, capitale du territoire, nais-
1 Young ; — Morclet ; — Squier, ouvrage cité.