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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
aux embarcations. Les coupeurs de bois doivent aller chaque année plusavant dans l’intérieur, et construire de plus longues routes d’exploitation.Il est facile de prévoir que le mahagony et les autres bois précieux, taillésù outrance, seront bientôt rares, car l’abatage se fait sans aucune pré-vision pour le bon aménagement des forêts, et l’on calcule qu’il faut envi-ron trois siècles pour qu’un plant d’acajou ait pris les dimensions voulues.Des campements temporaires s’établissent dans les forêts où l’on a trouvédes fûts en nombre suffisant, et depuis le mois d’août, époque à laquellecommence le travail des bûcherons, jusqu’en avril ou en mai, les trainsde bois flottent sur les rivières, remorqués par des flottilles de pipantes,et le va-et-vient des chariots se fait incessamment des embarcadères auxchantiers.
Le mouvement commercial du Honduras est évalué à trente millionsde francs par année : l’exportation consiste en minerais, en bétail et enproduits du sol 1 , tandis que les importations sont presque exclusi-vement des articles de manufacture. Les cinq sixièmes du trafic se fontavec les États-Unis, malgré la proximité de Belize , la colonie anglaise,et la domination que la Crande-Bretagne s’était attribuée jadis sur les îlesde la Baie et sur presque toute la côte atlantique; le bétail est exportédans les républiques voisines et à Cuba . Les progrès annuels du commercesont considérables, mais ils ne sont qu’imparfaitement connus, les droitsde douane dans les différents ports ayant été affermés à des négociantsqui ont intérêt à ne pas révéler leurs bénéfices.
Le nom du Honduras est un des plus notoires dans le monde financier,car il n’est pas de petit peuple qui ait été plus dépouillé par la tourbe desspéculateurs. Depuis le milieu du siècle déjà, on avait reconnu, grâce auxtravaux de Squier, que le seuil de Comayagua est un des endroits del’Amérique Centrale où la construction d’un chemin de fer interocéaniqueest le mieux indiquée, et l’occasion parut propice aux lanceurs d’affairespour précipiter le Honduras dans l’abîme des emprunts. En 1867, unpremier appel de fonds fournit 2b millions de francs aux spéculateurs;coup sur coup, en 1869 et en 1870, on demande aux actionnaires56 millions, puis 62 millions. En 1871, sous prétexte que le chemin defer sera incessamment transformé en une voie porte-bateaux, on se hasardeà solliciter du public un prêt de 575 millions; mais l’empressement despetits capitalistes s’est ralenti, et l’on se borne l’année suivante à émettre
1 Exportation du Honduras pendant l’année fiscale 1887-1888 :
18 095 000 francs (métaux : 9 410 000 francs; produits végétaux : 6 600 000 francs).