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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Si peu élevées que soieul les montagnes nicaraguiennes et malgré lahaute température des contrées tropicales où elles se trouvent, l’action desanciens glaciers ne serait pas moins évidente dans les massifs septentrio-naux du Nicaragua , et notamment sur les plaines des monts qui entourentla vallée d’Ocolal, que dans les gorges du pays de Galles et de l’Ecosse . On yreconnaît les roches moutonnées, les moraines latérales et frontales, leshlocs erratiques, la houe glaciaire : seules les stries laissées par le hurindes roches transportées manquent sur les parois des vallées où s’écoulaientautrefois les fleuves de glace; mais ce fait n’a rien d’étonnant, la partiesuperficielle de la pierre ayant à souffrir de l’action constante des intem-péries 1 . C’est au cheminement des glaciers que Belt attribue la pauvretédes sables d’alluvion en paillettes d’or, tandis que les quartz des rochersrenferment des veines riches de métal. On observe le même phénomènedans la Nouvelle-Écosse , et là le travail des glaces paraît évident : ellesrabotent le rocher, poussant devant elles tous les débris arrachés desmontagnes par la friction; après leur passage, les sables restent fortappauvris.
A l’ouest de la chaîne maîtresse du Nicaragua , la partie de la contréetournée vers le Pacifique fut originairement une grande plaine liasse; maisles poussées volcaniques y ont dressé deux rangées de buttes ou même demontagnes, les unes isolées, les autres s’alignant en véritables chaînes. Lapremière de ces rangées est peu distincte et, vue de la plaine, semble seconfondre avec la chaîne dont la crête se profile immédiatement à l’est. C’estque les volcans ont surgi du sol sur les flancs mêmes du plateau. Ainsi leGuisisil (1570 mètres) s’est élevé dans le voisinage immédiat des mon-tagnes de Matagalpa et, barrant le passage aux eaux qui descendaientà l’ouest, les a forcées à se rejeter vers l’est et à couler directement versl’Atlantique par le rio Grande. Au sud-est du Guisisil, le plus haut decette chaîne des volcans, d’autres cônes se sont fait jour le long de ladépression que remplissent les deux lacs Managua et Nicaragua . Les buttesd’éruption se succèdent ainsi près de la rive orientale du grand réservoir :le cerro de la Palma, le Cuisaltepe, le cerro de Juigalpa, le Platotcpc, lePan de Azùcar, le Jaën , la Picara, les Yentanillas.
Beaucoup plus fiers et d’une plus grande importance géologique dansl’histoire de la contrée sont les pics de la principale rangée, continuantdans le Nicaragua la chaîne des volcans salvadoriens. Le cône tronqué duCosegüina, qui domine l’entrée méridionale de la baie de Fonseca, en face
Belt, The Naturalist in Nicaragua, p. 260, etc.