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Livre XVII. Indes occidentales.
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.NOUVELLE GÉOGUAPUIE U.\IVERSELLE.

veau de la mer, avec laquelle le lac communiquait jadis, ainsi que le prou-vent les animaux d’origine marine qui le peuplent encore, le priatix anti-quorum et un requin, eulamia nicaraguensis'. Ouelques parties du bassin,notamment au sud-est, dans le voisinage de la sortie du San-Juan, n’ontqu’une faible épaisseur d’eau. Suivant l’alternance des pluies et des sé-cheresses, la hauteur du niveau diffère d’un peu plus de 2 mètres, mais iln’est pas douteux que la surface liquide n’ait été beaucoup plus hautejadis, car les îlots épars au sud du volcan de Zapatera sont recouvertsde couches de cendres renfermant des coquilles d’eau douce semblablesà celles que l'on trouve actuellement sur les rivages voisins. De l’est àl’ouest du lac, change le régime des vents et des Ilots : tandis que lesparages orientaux, abrités par les montagnes, offrent une eau presquetoujours calme, des rouleaux de vagues, poussés par le vent alizé, déferlentincessamment sur la rive occidentale. Presque tous les jours, le niveau dulac s’élève et s’abaisse alternativement de 60 centimètres sur la côte, par-fois même l’écart est d’un mètre, par suite de la variation de force dansla brise alizée, qui grandit avec la chaleur du jour, puis mollit avec lafraîcheur de la nuit : telle est la raison du phénomène que les écrivainsespagnols confondirent jadis avec le llux et le reflux. Les berges présententaussi un contraste absolu : celles que frappe le ressac sont une grève desable et de cailloux, ou de grains titanes attirés par l’aimant, tandis quela plage orientale est basse et marécageuse . Sur ce littoral, les cendresrejetées par les volcans se sont en certains endroits tellement mélangéesavec les alluvions descendues de la montagne, qu’elles sont agglutinées enune sorte de pâte. Pendant la saison des pluies, de vastes étendues de ter-rains sont changées en cienagas ou fondrières de boue, tout à fait impra-ticables; l’eau qui descend des hauteurs pénètre le sol pâteux jusqu’à unegrande profondeur : la plaine n’est qu’une mer de fange. Durant les sé-cheresses, l’eau contenue dans l’énorme vasière s’évapore peu à peu, lesol s’affaisse, se crevasse en tous sens, mais sans se recouvrir de végéta-tion. Pour transformer ces terrains en campagnes fertiles, il faudrait lessoustraire par le drainage à l’action de l’eau qui les sature pendant les pluies 4 .

Les affluents du lac sont nombreux, et quelques-uns, malgré leur faiblecours, ont acquis une certaine célébrité, leurs lits pouvant servir de passageau canal interocéanique : telles sont, dans l’isthme de Rivas , les rivières deSapoa et de las Lajas. Le tributaire du Nicaragua qui roule le plus d’eau

1 Th. Gill and J. Bransford, Proceedings ofthe Academy of National Sciences, Philadelphia, 1877.

8 Bell; — Lévy; — Belly, ouvrages cités.