501
esl le rio Frio, qu’alimentent les torrents descendus des hautes montagnesde Costa-Kiea ; c’est aussi le courant qui travaille le plus au comblementpar les cendres qu’il entraîne de la région volcanique et qui se déposenten bancs dans le lac : lot ou tard toute cette partie du bassin émergera,comme ont déjà émergé les îlots nombreux de l'archipel de Solentiname,appuyés d’ailleurs sur un noyau volcanique d’origine moderne; le rio Friodeviendra le tributaire non du lac, mais du San-Juan, graduellementprolongé en amont dans les terres alluviales. Quand on ouvrira le canalde navigation, ce lleuve chargé de troubles sera l’un des principauxobstacles à écarter pour assurer une profondeur régulière au chenalcreusé dans les eaux basses.
C'est immédiatement en aval de la bouche du rio Frio que le flot dulac s’échappe; d’abord lent, puis s’accélérant peu à peu dans le courantde sortie, le San-Juan est plus ordinairement désigné sous le nom deDesaguadei'o. En effet, la partie supérieure du San-Juan est plutôt unépanchement du lac qu’un véritable fleuve, car il maintient son niveaupresque sans changement et on lui donne en cet endroit le nom d’AguasMuerlas ou « Eaux Mortes » : il ne prend un caractère fluvial qu’à une pe-tite distance en amont du Castillo, fortin perché sur un escarpement dela rive droite, à 05 kilomètres de la sortie, là où les eaux surabondantesdu lac ont dû s’ouvrir un passage à travers le chaînon de rocs schisteuxqui rattache les montagnes des Chonlales aux contreforts du Costa-Rica :quelques blocs de pierre appartenant aux formations du pourtour lacustrese trouvent épars en amont de la percée. Au Castillo, le San-Juan des-cend en rapides, auxquels succède, à une vingtaine de kilomètres enaval, une autre dénivellation, celle du raudal de Machuca, ainsi nommédu premier Européen qui explora le San-Juan; le lleuve n’a pas encoreégalisé cette partie de son lit, la brèche garde son aspect de coupure. Plusbas vient le confluent du fleuve San-Cârlos, qui descend des hautes mon-tagnes du Costa-Rica et roule une quantité d’eau presque égale à celle duSan-Juan. l.e Sarapiqui, également alimenté par de nombreux torrentsissus des volcans costa-ricains, rejoint l’artère commune du bassin à unefaible distance en amont du delta : c’est lui qui est le véritable lleuve, àen juger par la masse liquide aussi bien que par la direction généralede sa vallée. Mais, de même que le San-Cârlos, il apporte une telle quantitéd’alluvions que toute idée d’utiliser directement le San-Juan dans cette par-tie de son cours comme canal de grande navigation a dû être abandonnée.Cependant on a pu en remonter le courant à diverses reprises en embarca-tions marines, et des goélettes, même un bateau à vapeur, ont pu se rendre