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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

du Honduras, et aurait le même sens d’après Brinton : les « Chassés ».Brasseur de Bourbourg et d’autres érudits croient les Clmrotega issus de lamême souche que les Chiapanèques du Mexique oriental, et les quelquesmots qui se retrouvent encore dans les formules magiques des indigènesd’origine mangue témoignent de cette ancienne parenté, àalenlini voit eneux des Maya expulsés de Cholula avant la période aztèque : ils portaientle nom d’Ohnèques, comme les prédécesseurs des Nalma mexicains sur leplateau d’Anahuae et appartenaient probablement à la même race 1 * 3 . Lessyllabes terminales des noms de lieux dans les diverses contrées du Nica-ragua indiquent certainement le séjour des populations différentes. Les ter-minaisons en ç/alpa sont aztèques ; la finale rique désigne des villes et deshauteurs des deux côtés de la frontière du Honduras ; dans la vallée du rioSegovia, les noms de lieux finissent en U ou en yiiina; dans le Chontales,la terminaison opo ou apu est la plus commune'.

Lorsque les Espagnols arrivèrent dans le pays, les Chorotega n’étaientdéjà plus les maîtres de la contrée. Les mêmes Na hua qui avaient déjàtriomphé des Chiapanèques et qui s’étaient répandus sur les plateaux duGuatemala, du Salvador, du Honduras , pénétrèrent aussi en v; _ s dansle Nicaragua , au moins un siècle avant l’apparition des hommes d'outre-mer. Ces Nalma sont ceux auxquels on donna ou plutôt qui prirent le nomde Niquiran ou Nicarao, qui, d’après l’une des nombreuses hypothèsesrelatives à l’origine du mot Nicaragua , serait devenu, sous une forme lé-gèrement modifiée, l’appellation de la république hispano-américaine 5 . Demême que les Nalma mexicains, ceux du Nicaragua eurent aussi leurville de Tola ou Tula; ils savaient également transmettre leurs pensées,écrire les ordonnances sur des peaux et sur des feuilles de papier; ilsgravaient des hiéroglyphes sur les rochers, sculptaient des statues et dres-saient des temples que l’on croit n’avoir été inférieurs à ceux du Mexique et du Yucatan ni par les dimensions, ni par les décors et la richesse. Lesnoms de lieux, d’origine nahua, prouvent que la domination de ces Aztè-ques s’étendit sur le Nicaragua presque tout entier; mais de nos jours, lalangue nahuatl a cessé d’être le parler usuel, même dans l’istlnne de Bivasoù ces Indiens venus du nord se pressaient en multitudes. L’espagnol ,encore riche en expressions mexicaines, est devenu le langage de tous; ce-pendant on raconte qu’en divers lieux écartés les Indiens adorent en secretdes idoles païennes et se servent d’un idiome mystérieux, sans doute celui

1 Phitipp Valentini, The Ohnecas and the Tultecas.

- Thomas Bell , ouvrage cité.

3 Désiré Pector, Archives de la Société Américaine de France , septembre 1888.