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ont la plus grosse part de ce trafic, puis viennent la Grande-Bretagne, l’em-pire allemand*; la France occupe seulement le quatrième rang dans lemouvement des échanges 5 . Des deux portes commerciales du Nicaragua ,San-Juan del Norte sur l’Atlantique, Corinto sur le Pacifique, c’est la pre-mière par laquelle [tassent le plus de marchandises. Le commerce inté-rieur s’accroît en proportion du réseau des voies ferrées, des roules carros-sables, des lignes télégraphiques 3 .
Les progrès industriels et commerciaux seront Lien autrement rapidesquand le canal depuis si longtemps projeté aura enfin été percé. 11 est cer-tain qu'à moins de creuser une voie navigable sans écluses, comme il avaitété proposé de le faire à travers l’isthme de Panama, l’isthme de Nicaragua est de beaucoup l’endroit le plus propice pour la construction d’un canal àdegrés, car nulle part, ne s'offre une dépression aussi basse : la voie est toutindiquée d’avance par le lac de Nicaragua et son desaguadero. On a mêmehasardé l’étonnante proposition de profiter de la dépression du Nicaragua ,la plus basse de la région des Isthmes, pour y faire une tranchée de mer àmer et sans écluses, vidant [dus qu’à demi le lac de Nicaragua et conqué-rant ainsi plusieurs centaines de mille hectares pour l’agriculture dans lebassin central de la contrée 1 * 3 4 ; mais une tranchée de plus de 550 kilo-mètres et sous un tel climat [tarait être encore au-dessus des forces indus-trielles modernes. Ouant aux simples projets de canaux, l’énumération enest longue. On en parla aussitôt après la conquête, et même, sous la domi-nation espagnole, le pirate Edwards David avait proposé la coupure duseuil entre le « lac de Granada » et la mer du Sud. En 1780, l’ingénieurMartin de la Bastide projetait la construction du canal, et dès l’année sui-vante le gouvernement de Madrid faisait procéder à un premier nivel-lement en vue du canal; en 1814, lorsque déjà l’empire colonial leuréchappait, les Cortès votaient le percement de l’isthme de Nicaragua . Apeine l'indépendance de l’Amérique Centrale était-elle reconquise, que lanouvelle république décrétait aussi l’accomplissement de l’œuvre; mais un
1 Mouvement commercial du Nicaragua en 1888 :
Importations. 11 590 000 francs.
Exportations. 8 210 000 »
Ensemble. 19 800 000 francs.
* Mouvement de la navigation : 384 navires, jaugeant ensemble 582 820 tonnes.
3 Chemins de fer en 1888 : 100 kilomètres.
Lignes télégraphiques en 1888. 2755 kilomètres.
Lettres échangées en 1886 . 5 500 500
4 Yirlct d'Aoust, Congrès international de Géographie Commerciale, Paris , 1878.