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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
océans. Celle brèche, qui ne pouvait manquer de devenir pour les habitantsde la contrée le chemin naturel d’une mer à l’autre, constitue, pour ainsidire, le véritable Cosla-Rica : an nord, les versants de la chaîne des volcanstournés vers la vallée de San-Juan sont recouverts par une mer de verdureoù ne vivent que des Indiens encore sauvages; au sud s’étend, jusqu’auxfrontières de la Colombie , une région encore peu connue, quoique l’unedes plus riches en trésors naturels. Quelques itinéraires de voyageurs, entreautres ceux de Gabb, Bovallius, Thiel, ont entamé sur divers points ceténorme massif forestier, d’environ 20000 kilomètres carrés; mais na-guère les montagnes n’en étaient dessinées que d’après les profils tracéspar les marins dans le voisinage des deux côtes, et l’on ignorait complè-tement la nature de ces pics, dont plusieurs étaient signalés comme desvolcans, uniquement à cause de la forme aigue de leurs sommets.
Il n’y aurait point de montagne fumante dans la partie du Costa-Rica située au sud du seuil d’Ochomogo. Le mont Uerradura ou Turubales,qui forme le pylône méridional à l’entrée du golfe de Nieoya, auraitl’aspect classique du Vésuve engainé dans l’enceinte ébréchée de la Somma,s’il n’était recouvert de forêts jusqu’à la cime. Les indigènes racontentqu’on a vu parfois de légères fumées s’élever de sa pointe, et Montes-sus de Ballore affirme môme avoir discerné de loin une éruption devapeurs; bien plus, on entendrait fréquemment, à intervalles égaux, desourds mugissements sortir de la montagne, sans que jamais ils soientaccompagnés de jets de vapeurs ou de scories’. Toutefois Pilticr croitpouvoir mettre en doute ces assertions et maintenir que ce piton n’estpas même un volcan 8 . Un chaînon latéral rattache le Uerradura auxmontagnes de Dota, fragment de la chaîne médiane qui se poursuit dansle Cosla-Rica, à mi-distance entre les deux mers. On représente le Dotadiversement, soit comme un massif central duquel divergent plusieursramifications de moindre hauteur, soit comme une partie de l’arête maî-tresse qui domine le Costa-Rica méridional : d’après Pitlier, c’est la der-nière hvpothèse qui serait le plus rapprochée de la vérité. De hautssommets s’élèvent de distance en distance sur celte chaîne : le cerroChiripô, dans le pays de Cabecar, le mont l'jum (2940 mètres), le Nemu.Kamuk ou pico Blanco (2914 mètres), sur lequel, disait-on jadis, auraientapparu des stries de neige, — phénomène bien extraordinaire sous le neu-vième degré de latitude septentrionale, — enfin le Rôvalo (2157 mètres),
1 Moritz Wagner unit Cari Schcrzer, ouvrage cité.- Xoles manuscrites.