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Livre XVII. Indes occidentales.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE

car, meme pendant la saison des pluies, les premières heures du joursont constamment sèches, claires, admirables par l’éclat des fleurs, lafraîcheur de la végétation.

Malgré la grande ressemblance générale de la flore costa-ricaine aveccelle des autres contrées de l'Amérique Centrale , les botanistes ont cepen-dant constaté un contraste frappant entre les espèces, tant la coupureformée par la dépression du Nicaragua et la vallée du San-Juan a con-stitué une ligne de séparation naturelle; les grandes forêts séparent lesflores et les faunes comme des bras de mer. Ainsi, sur une centaine defougères recueillies par Lévy dans le Nicaragua , trois ou quatre seulementse retrouvent dans les 56 espèces du Costa-Rica dont l’olakowsky a faitla collection. C’est une preuve remarquable de la singulière diversité desdeux flores : celles de la Russie et de l’Espagne ne présentent pas deplus grandes différences 1 * . Les autres séries de plantes offrent aussi descontrastes considérables, quoique à un moindre degré. Les cactées, quien mainte région du plateau mexicain recouvrent d’énormes surfaces, àl’exclusion d’autres végétaux, sont à peine représentées sur le plateau deSan-José, et les conifères, les arbres par excellence de la terre froidemexicaine, ne se retrouvent pas sur les hauteurs de Cartago . C’est dans leCosta-Rica que passe la limite naturelle de l’aire sud-américaine : dans lesforêts on remarque un grand nombre d’espèces appartenant à la Colombie ,notamment plusieurs faux chinchonas, qu’il sera facile aux planteursfuturs de remplacer par des espèces ayant une valeur économique. Lesfougères arborescentes croissent sur les hautes pentes jusqu’à plus de2500 mètres, et les bananiers s’arrêtent à 500 mètres plus bas 5 .

Les flancs des montagnes tournés vers le plateau central, et même quel-ques parties du territoire qui s’étend plus au sud ont été déboisés àoutrance ; cependant on peut dire (pie la forêt « vierge » existe encore surla plus grande moitié du Costa-Rica , tournée vers les eaux de l’Atlantique.Entre les volcans et le cours du San-Juan toutes les pentes sont revêtuesd’une mer d’arbres unis en une même masse par les entrelacements debranches et les nœuds des lianes. La variété des espèces est prodigieuse :sur un espace de cent mètres carrés on rencontre dans cette partie duCosta-Rica plus d’arbres de types différents que sur 250 kilomètres carrésdans le Canada septentrional 3 * . Le groupement de ces arbres varie à l’infini

1 Wagner und Scherzer, Cosla-Rica.

i Peiermann's Miliheilungen, 1877, llrfl VII.

3 Moritz Wagner, üie Republik Cosla-Rica ; — I'olaküwsky, Jahresbcrichl des Yereins fitr

Erdkunde zu Dresden, 1879.