CLIMAT I)E L'ISTHME COLOMBIEN.
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manière imprévue 1 . Quant aux ouragans proprement dits, on répète volon-tiers que ces formidables météores sont inconnus dans les régions del’isthme; pourtant le coup de vent d’octobre 1805 qui, venant, du sud-ouest, traversa l'isthme de Panama , passa sur Colon et toute la côte deMosquitie, pour contourner le golfe du Mexique et se perdre dans l’Océanau cap Halteras, olirait bien tous les phénomènes d’un cyclone. Cet ouragan se mouvait avec une grande lenteur : de Colon à la péninsule de Flo-ride , le déplacement de son foyer dura quatre jours. En 1885, un autrecoup de norle coula dix-huit bateaux à voiles dans le port de Colon.
Les pluies annuelles sont réglées comme les vents. En retard d’un moisou de six semaines sur le mouvement du soleil, elles tombent quandl’anneau de nuages s’est transporté dans l’hémisphère septentrional, et letemps clair recommence quand ce même anneau franchit l’équateur dansla direction du sud; en outre un veranitn ou « petit été » de sécheressesse produit à la « Saint-Jean » et pendant le mois de juillet, quand la zonenuageuse s’étend au-dessus du Mexique et de Cuba . Pour l’abondance despluies il y a contraste entre les deux côtes de l’Atlantique et du Pacifique,comme [tour tant d'autres phénomènes : les rivages du nord, exposés à laforce des alizés pluvieux, reçoivent au moins deux fois plus d’eau que ceuxdu sud, tournés vers la mousson. On évalue à plus de 5 mètres la quantitéd’eau pluviale que reçoivent les pentes septentrionales des hauteurs 5 .A l’observatoire de Gamboa, situé à 50 mètres d’altitude, la moyennehygrométrique est de 0,06 dans la saison des pluies et de 0,88 dans lasaison dite « sèche ».
Chaude, presque constamment, saturée de vapeur, empestée par l’exha-laison des marécages, l’atmosphère de l’isthme n’est pas de celles que letravailleur blanc puisse respirer longtemps sans danger. Les premiers blancsespagnols qui habitèrent Panama lui donnèrent le nom de Sepullura deYicos*. Aussi les immigrants d’Europe cl des Etats-Unis attirés par les en-treprises du chemin de 1er et du canal se sont-ils réservé la direction, lasurveillance, les industries fructueuses, ne demandant aucun effort phy-sique : ils ont à craindre surtout les maladies de la peau, du foie, desreins, et la fièvre jaune pendant les premiers huit mois de leur séjour;après celte période ils sont pour celte maladie aussi acclimatés que lesindigènes*. Chez les natifs la plus forte mortalité est causée par la phtisie.