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Livre XVII. Indes occidentales.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Ce sont des indigènes de race mélangée, des Néo-Grenadins, des nègres dela Jamaïque — ceux-ci au nombre des quatre cinquièmes, — qui ontfourni le labeur matériel, et ce labeur a coulé beaucoup plus de vieshumaines, toutes conditions égales d'ailleurs, qu'il n’en coûte dans leschantiers et les terrains de défrichement de la zone tempérée. Du reste,il est impossible actuellement de donner des documents définitifs sur l’in—fluence du climat, puisque les statistiques publiées ont été recueillies parîles compagnies financières intéressées à présenter la situation de leurschantiers sous un jour favorable. Il est certain qu’avant la tentative depercement du canal interocéanique on s’était laissé entraîner à de grandesexagérations sur la mortalité des travailleurs, irlandais, nègres, chinois,qui avaient été employés à la construction de la voie ferrée. Le dictonsouvent répété d’après lequel « chaque traverse du chemin de fer auraitcoûté la vie d’un homme » n’est qu’une forme imagée de langage pourdire que la 'mortalité fut effrayante. Le suicide, provoqué chez les ouvrierschinois par l’appréhension des maladies ou d’un travail excessif, et surtoutpar la nostalgie, accrut de plusieurs centaines le nombre des morts : lesmalheureux se pendaient ou se couchaient sur la grève, attendant le retourde la marée. Il ne semble pas que les travaux du canal aient demandéen proportion d’aussi nombreux sacrifices de vies humaines, et, d’aprèsles rapports officiels, la mortalité n’aurait pas dépassé chaque année levingtième des travailleurs. On peut se demander toutefois si l’on a tenu lecompte des hommes mieux «pie celui des écus. Des chiffres venus d’autressources indiqueraient une mortalité plus forte’.

C’est dans la province de Panama , et notamment dans l’isthme deDarien,«pie la végétation de Faire centre-américaine se développe avec le plus depuissance : la flore du Mexique méridional et celle de la Colombie s’y ren-contrent; en outre, des espèces locales, constituant une flore spécialementpanamienne, représentent environ, d’après Scherzer, la vingt-deuxièmepartie de tous les végétaux du pays. Ces plantes entremêlées recouvrentla terre d’un tel fouillis de troncs, de branches, de feuilles, de lianes, deparasites que le voyageur ne trouve nulle part un passage libre et quele sol ou le roc sous-jacent n’apparaissent en aucun endroit. Les pro-montoires du littoral n’ont point l’aspect de falaises ou de coteaux : lamasse solide est complètement cachée par les feuillages; on pourrait croireque la colline n’est qu’une plante gigantesque ayant sa racine dans la

1 Mortalité sur les chantiers de Panama en deux ans trois mois : 5200, soit 7 par jour, ou98 pour 1000. (Nicolas, Chantiers et terrassements en pays paludéens.)