CLIMAT, FLORE, F A U .NE DE L’ISTHME.
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mer et se dressant en pyramide superbe, haute de deux cents mètres.Dans l’intérieur des terres, les ruisseaux, les rivières coulent au fond depaieries ténébreuses sous les branches entrelacées, et le courant disparaitici sons les radeaux de troncs pressés, plus loin sous une couche de con-lèrves et d’autres plantes qui ploient sous les barques comme un tapis etsur lesquelles lloltenl les rames sans loucher l’eau. Une espèce de palmier,thamxdurca pacaya, se montre jusqu’à '2100 mètres au-dessus de lamer, à côté des chênes et des aunes. Dans la zone littorale du Paci-fique, la végétation est moins fougueuse, et même des savanes ou rntin-()as, n’ayant des bouquets d’arbres que cà et là, alternent avec l’immen-sité des forêts. La cause de cette opposition est la moindre abondancedes pluies.
Une autre différence remarquable entre les deux côtes de l’isthme estcelle que présente la faune océanique. D’une mer à l’autre contrastent lespoissons et les autres formes animales, bien que, aux origines de l’époquetertiaire, de larges voies aient uni l’un et l’autre bassin, livrant passage àtous les êtres vivant dans les eaux ; la faune était alors identique à l’est età l’ouest des îles de l’Amérique médiane. On remarque dans les nombreuxéehinidés des mers opposées que, si les espèces diffèrent, elles appartien-nent presque toutes aux mêmes genres et l’on serait tenté de les confondreau premier abord. Il paraît évident que la divergence s’est faite depuisl’époque tertiaire, c’est-à-dire après la formation du ruban continental,[/apparition de l’isthme leur a donné des conditions autres d’existence,et par suite les faunes sont devenues graduellement distinctes’ : des1500 espèces de mollusques appartenant à la faune marine des Antilles etdes 1510 espèces de l’aire panamienne, moins de 50 sont communes auxdeux rivages 8 . Sur les deux versants de l’isthme la faune terrestre dif-fère également. Elle comprend quelques animaux qui ne se trouvent pointailleurs : tels un singe, chryxolhrix, que l’on n’a point découvert en dehorsdu Chiriqui et que l’on ne peut même conserver en vie sur les côtes voi-sines, à Cartajena par exemple 3 . Un des poissons curieux de la rivièreTuyra est déjà signalé par Ilerrera sous le nom de roncador, le « mugis-sant » : sa voix ressemble à celle d’un jeune taureau*. Les pêcheurs deperles redoutent beaucoup l’espèce de requin dite tintorerci, assez com-mune dans le golfe de Panama : ce squale a jusqu’à 15 mètres de longueur