INDIGÈNES DE L’ISTHME COLOMBIEN.
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la même famille que les Talamancas du Gosla-llica et descendent très pro-bablement de ceux qui, avant l’arrivée des Espagnols , gravaient des liguressymboliques sur les rochers des montagnes et déposaient des ornements enor dans les tombeaux ou yuacus. Jadis ils étaient certainement plus civi-lisés, mais le commerce avec, les blancs a eu pour résultat de supprimerleurs industries: s’habillant à l’européenne, ils achètent des vêlements toutfaits, ne savent plus tisser ni teindre des étoiles, et le cotonnier, qu’ilsplantent encore à côté de leurs cabanes, disperse au vent les libres de sagousse; possédant des marmites en fer, ils ignorent maintenant l’art dupotier, ils se procurent des armes et des instruments et seraient inca-pables de s’en fabriquer eux-mêmes; quant au métier d'orfèvre, il a dùse perdre probablement, dès les premiers temps de la complète espagnole. Lerégime politique des Guaymi a changé également : ils obéissent à de grandschefs ayant centralisé le pouvoir; l’un d'eux prétend même descendre deMonlezuma, nom que les Indiens ont évidemment appris des blancs etdont ils se servent pour exprimer leur droit de premiers occupants à lapossession du sol.
Le Guaymi, petit, trapu, robuste, à tète grosse et à ligure plate, marcheuret porteur infatigable, ressemble à l’Otomi du Mexique . Gomme le Quichéel leGakchiquel du Guatemala, il a son totem, son animal tutélaire, surtout, d’a-près l'inart, une espèce de petit perroquet. Quand arrive l’adolescence, ilest soumis à de rudes épreuves avec ses camarades et subit dans les forêts,loin de ses parents, une période de noviciat : des anciens au corps bariolé,à la ligure masquée, à la tète couronnée de feuillage, lui enseignent lestraditions, les chants composés dans un dialecte mystérieux et sacré, puisl’admettent au rang des hommes et lui donnent un nom délinitif dès qu’ilest assez endurant pour souffrir sans se plaindre. Quant aux filles, on seborne à célébrer leur puberté, puis, aussitôt après, elles sont mariées ouplutôt vendues. La fête principale, dite balzeria par les Espagnols , a lieud’ordinaire au commencement de la saison sèche, au jour indiqué par lenombre de nœuds qu’on a faits à une liane envoyée dans chaque famille.Après un bain général, les femmes emploient quelques heures à peindrele corps des hommes en bleu ou en rouge et à décorer leurs ligures d’ara-besques et d’ornements bizarres, analogues à ceux des anciennes poteries,puis on se recouvre du costume antique, le pagne d’écorce et la peaud’animal. Alors commence l’orgie, suivie de ia danse des hommes et du jetde la balza, bâton de bois léger que les danseurs se lancent tour à tour,essayant de se faire tomber : il faut souvent emporter des blessés. La reli-gion du Guaymi n’est autre que celle de la peur : chaque bruit l’effraie et