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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
mes animales un centre particulier de création; cependant les Grandes An-tilles , jusqu’aux îles Vierges, durent à une époque lointaine se rattacherau Mexique, tandis que les Petites Antilles rappellent d’anciennes commu-nications par terre, d’un côté avec le Venezuela , de l’autre avec les Guyanes'.
Les oiseaux, qui, pour la plupart, grâce à leurs ailes, franchissent facile-ment les détroits, ont pu se répandre d’ile en île sur de vastes espaces. Oncite môme des exemples d'espèces que les ouragans ont transportées par-dessus de larges h ras de mer : c’est ainsi que, d’après le témoignageunanime des pécheurs, des pélicans, inconnus à la Guadeloupe jusqu’en1685, y furent introduits par un ouragan qui les avait saisis dans son tour-billon*. Quant aux oiseaux de faillie vol, ils sont représentés dans lesAntilles par des espèces particulières. S’il est des oiseaux-mouches antiliensqui volent en été jusque dans les Etats-Unis du Nord et au Canada , il en estaussi qui ne sortent pas de leurs îles. Les Antilles possèdent quinze espècesdistinctes de ces oiseaux, appartenant à huit genres différents, dont cinqnon représentés sur le continent voisin; les Bahama ont en propre deuxespèces d’oiseaux-mouches" qu’on ne retrouve pas dans la Floride , pourtantsi rapprochée. Dans l'ensemble, l’avi-làunedes Antilles présente un caractèresud-américain . Quant aux reptiles terrestres, leur type se rapproche decelui des animaux congénères de l'Amérique Centrale et du Mexique ; maison remarque des exemples de spécialisation très 'curieux : tels celui d’uneespèce d’iguane, que l’on rencontre seulement en Haïti et dans la petiteîle de la Navaza, et celui du trigonocéphale ou « fer de lance » de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent 1 , de la Martinique et de la Petite Martinique,inconnu dans les autres Antilles . Les mammifères peu nombreux trouvéslors de la conquête dans les Grandes Antilles et les archipels voisins étaientaussi des espèces propres à ces terres, des rongeurs, appartenant à desgroupes caractéristiques de l’Amérique méridionale : l’insectivore [almiqui,solenodon ) de Cuba fait partie d’une famille dont on n’a retrouvé d’autresreprésentants qu’à Madagascar 5 .
11 ressort de l’ensemble des observations faites sur la flore et la fauneanliliennes que les Grandes Antilles et les Bahama font partie de la mômeaire que la Floride méridionale jusqu’aux marais des Everglades, mais onttrès peu d’affinités avec les Etats-Unis proprement dits : c’est avec le
1 Bland, Geology and Physical Geoyraphy of the lUesf Indies; — Thomas Belt , The Xalura-list in Nicaragua .
2 Caspari, Revue Maritime et Coloniale, octobre 1877.
3 Alfred R. AVallace, Humming-birds, Fortnightly Review, Dec. I, 1877.
4 Owen Bulkelev, The Lesser Antilles.
5 Alex. Agassiz, ouvrage cité,