FAUNE, POPULATION DES ANTILLES.
643
Mexique, le Honduras et les autres territoires de l’Amérique Centrale quel’on constate les analogies. De même la faune marine profonde de la merdes Antilles ressemble beaucoup plus à celle du Grand Océan qu’à celle del’Atlantique : si les portes ouvertes maintenant à travers la chaîne de laMicro-Antilie mêlent la faune superficielle de chaque côté des îles, la fauneprofonde prouve qu’avant la période crétacée, de larges bras de mer, desbrèches plus creuses séparaient les diverses îles qui forment actuellementle long ruban de l’Amérique Centrale .
L’origine de ce nom d’Antilles , donné aux terres alignées entre les deuxcorps continentaux de l’Amérique du Nord et de l’Amérique du Sud , re-monte à une époque antérieure à la découverte elle-même. Antilia étaitune des îles de l’océan Ténébreux, qui, tantôt représentée en archipel, tan-tôt en grosse masse terrestre, errait sur les cartes entre les îles Canaries et les Indes de l’Asie sud-orientale. A mesure que s’accroissait l’espaceexploré, l’Antille était refoulée plus loin vers le soleil couchant : le voyagede Christophe Colomb et l’apparition du Nouveau Monde par delà les flotsde l’Atlantique fixèrent ces îles flottantes et l’on reconnut désormais lesAntilles dans ces terres éparses des « Indes Occidentales ». Ce sont bienles « îles avancées » de l’Amérique , en admettant, avec la plupart des éty-mologistes, que le nom d’Antilia ait en ell’et ce sens; mais dans l’esprit desmarins ignorants, toute ressemblance de syllabes donnait lieu aux légendesles plus contradictoires. Sur nombre de cartes anciennes les îles de laméditerranée Américaine sont désignées sous le nom de « Lentilles »,par allusion à leurs faibles dimensions relatives et à la multitude desîles, îlots et récifs qui s’élèvent au-dessus des eaux bleues.
De même que les diverses espèces animales, les hommes qui peuplaientles Antilles en 1492, lors de l’arrivée de Christophe Colomb , représentaientaussi des immigrants venus des trois régions continentales du nord, del’ouest et du sud. Bien que ces populations aient disparu, à l’exception desCaraïbes, dont les descendants métissés habitent les côtes du Honduras , ilne peut rester aucun doute à l’égard de cette provenance multiple des insu-laires primitifs, différant suivant les îles et leur proximité de la terreferme : quelques indices, les récits et les descriptions des chroniqueursespagnols, les traditions et les mœurs des indigènes, le peu que l’on asauvé de leurs idiomes ont permis aux ethnologistes de hasarder, du moinspour quelques-unes des Antilles , l’histoire des migrations préhistoriquesde leurs habitants.