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Livre XVII. Indes occidentales.
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POPULATION CUBAINE.

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autres ont le costume pareil on est presque tenté de les confondre commeappartenant à la même race; cependant on constate bientôt que le Yuca-tèque est de proportions moins délicates, qu’il a la lace plus large et plusronde et que la paupière supérieure ne recouvre pas obliquement les yeux.

Les deux îles espagnoles, Cuba et I'uerto-Rico, peuvent être citées enexemple des contrées tropicales où s’est fait d’une manière définitive l’ac-climatement de la race blanche. 11 est vrai que les blancs de Cuba sont, entrès grande majorité, d’origine espagnole, c’est-à-dire à la fois méridio-nale et métissée d’éléments berbères. A elle seule, Cuba a dix fois plusd’Espagnols que toutes les Indes Occidentales appartenant à la Grande-Bretagne n’ont d’Anglais 1 2 . Les Andalous et les Castillans furent d’abordles colons les plus nombreux; puis vinrent les Basques et les Catalans. LesCanariotes ou Islenos, qui ne sont pas de purs Espagnols, puisque par lesmères ils représentent l’élément primitif des Guanches , sont égalementarrivés par milliers, d’autant plus attirés vers la grande île américainequ’ils sont à l’étroit dans leur petit archipel et qu’ils n’ont point à craindrele changement de climat : de l’une à l’autre côte de l’Atlantique, c’est àpeine s’ils remarquent la différence du milieu. Dans les dernières décades,les Gallegos ou Galiciens , nés pour la plupart dans les hautes vallées d’unpays où il fait très froid en hiver, ont pourtant fourni à Cuba une forteproportion de ses immigrants, et d’après le témoignage unanime des rési-dents, ces nouveaux venus se sont acclimatés sans peine : près de la moitiédes travailleurs employés dans les champs de cannes et les usines à sucreappartiennent à la race blanche 5 . Tous ces colons constituent la classe despaysans dits blancos de la tierra ou goajiros : cependant on observe unmélange de sang nègre dans quelques familles de ces « blancs de la terre ».Les Catalans et les Basques s’établissent surtout dans les villes commeouvriers, employés et marchands : ce sont les immigrants les plus actifs,les plus énergiques et les plus industrieux, ceux auxquels Cuba est rede-vable de ses progrès matériels; eux aussi qui, par leur âpre hostilité contreles natifs, auxquels ils font une concurrence commerciale acharnée, ontprobablement conservé la possession de la colonie au gouvernement deMadrid . D’autres que les colons libres travaillent dans les plantations cuba-naises : ce sont les soldats que les généraux prêtent aux planteurs pendantla roulaison des cannes 3 .

Parmi les blancs qui ne sont pas d’origine espagnole, les plus nombreux

1 Froude, The EngUshin ihe tUes/ Indics.

2 E. Stassano, Bolletino délia Società Geografia Italiana, Dicicmbrc 1889.

5 Report of the Consul ofthe United States , September 1889.