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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

CTS

sont les colons de provenance française, mais arrivés indirectement d’Eu-rope , par la voie de Saint-Domingue : ce sont les descendants des planteursfugitifs qui, après avoir échappé au massacre, vinrent s’établir à Baraeoa,à Santiago de Cuba, à Guantânamo, à Cienfuegos . Plusieurs de ces immi-grants furent expulsés plus tard, pendant la période des guerres napoléo-niennes, mais la plupart purent rester dans le pays, qu’ils avaient, couvertde plantations; même dans certains districts leur langue a longtempsprévalu. C’est au mélange des sangs français et espagnol que les femmesde Santiago doivent la beauté de leur visage, la finesse de leurs traits,l’élégance de leur démarche 1 : dans l’Afrique du nord, à Oran , le mélangen’a pas été moins heureux. Les étrangers anglais , américains du Nord,allemands, se sont établis principalement dans les villes commerçantesde la rive septentrionale, la Havane, Matanzas, Cardenas, et nombre deCubains cherchent, malgré leur vivacité native, à imiter les manièresfroides de ces nouveau-venus.

L’acclimatement est plus ou moins difficile pour les Européens en pro-portion de la différence de leur milieu natal, comparé à celui de Cuba . Lafièvre jaune, le lléau des Antilles , frappe surtout les étrangers venus despays du nord. D’après les historiens de l'ile, la terrible maladie aurait étémoins redoutable pendant les deux premiers siècles de la colonisation :elle se confondait même de nom avec le « mal de Siam » et d’autresfièvres à caractère plus ou moins typhique, et c’est en 1761 seulementqu’on la signale d’une manière distincte avec les symptômes qu’elle pré-sente aujourd’hui. D’ailleurs la population blanche, la seule que la maladiedécima dans les années funestes, était alors beaucoup plus clairsemée, etla contrée, couverte de forêts dans presque toute son étendue, devait avoirun climat quelque peu différent. Après la fièvre jaune, c’est la dysenteriequi fait le plus de victimes parmi les blancs, tandis que le choléra est leplus dangereux pour les noirs et les Chinois. Ceux-ci ont également àredouter une maladie spéciale dite « des sucreries », surtout les hommesemployés à la manipulation des sirops dans les usines. Cette affection atoujours pour point de départ l’excès de fatigue, l’insuffisance de la nour-riture, et se termine d’ordinaire par la mort : ses signes extérieurs luidonnent une grande ressemblance avec le béribéri de l’Insulinde *. Dansl’île de Cuba , la partie la plus salubre est la zone élevée de la provinceOrientale, et c’est immédiatement au-dessous, sur les rives basses et mal

1 Estéban Pichardo, Geografia de la isla de Cuba .

4 Malié, Géographie médicale; —11. Dumont, Archives de la Commission scientifique du Mexique.